India needs 200-250 more Rafale fighters, 36 not enough: IAF chief Arup Raha | The Indian Express

The Air Chief Marshal also rued that the tender for the much-needed “force multiplier” mid air refuellers had to be withdrawn.

Source : India needs 200-250 more Rafale fighters, 36 not enough: IAF chief Arup Raha | The Indian Express

Le MMRCA : une nouvelle saison ?!

India MMRCA

La saison précédente du MMRCA[i] s’était terminée sur un rebondissement comme seules les bonnes séries savent le faire : en lieu et place d’un contrat résultant de 3 ans de négociations exclusives à l’issue d’un long processus de sélection dans le cadre d’un appel d’offres pour acquérir 126 appareils, les gouvernements indien et français sont entrés en discussions directes pour la vente de 36 appareils seulement en « conditions de vol »[ii].

Le 30 Juillet, le Ministre de la Défense Indien, Manohar Parrikar, annonçait l’abandon de l’appel d’offres MMRCA. Cette annonce, logique si l’on considère que cet appel d’offres avait été vidé de son sens par l’annonce du Premier Ministre Modi en Avril à Paris, a surtout permis aux critiques des gouvernements indiens et français de souligner leurs échecs, plus au niveau politique qu’industriel ou militaire.

Mais le 3 Août des « sources informées » ont laissé entendre à la presse indienne qu’un nouvel appel d’offres pour 90 appareils serait lancé après la publication des nouvelles procédures d’achats du Ministère de la Défense[iii]. L’information met clairement l’accent sur le rôle du secteur privé de la défense dans le cadre de la politique du « Make In India ». Cette annonce, si elle devait se confirmer, serait le rebondissement de la nouvelle saison de la série « MMRCA ».

Les enjeux militaires et industriels

Bien que Dassault et Hindustan Aeronautics Limited (HAL) aient eu 3 ans pour mettre sur pied un mécano industriel permettant de respecter les procédures d’achat du Ministère de la Défense Indien[iv], il est apparu que des obstacles, et conditions, ont empêché la conclusion d’un tel accord. Or l’Armée de l’Air Indienne (IAF) doit remplacer dans les années à venir jusqu’à 250 ou 300 de ses appareils de chasse. Donc tout délai dans les discussions reportait d’autant les livraisons.

Entre autres obstacles, il semble que HAL ne parviendrait pas à tenir son rôle dans le mécano industriel. Le plan initial prévoyait la construction d’une petite série en France puis progressivement une construction des appareils restant en Inde. Cela impliquait le transfert de savoirs faire et de technologies vers les industriels indiens impliqués, processus nécessitant d’identifier pour chaque membre du GIE Rafale d’un partenaire indien capable d’assurer la production des éléments.

Une interprétation d’un achat en « conditions de vol » de 36 Rafale est la construction de l’ensemble des éléments des avions, et leurs intégrations, en France. Or cela contredit la règle des procédures d’achats spécifiant que pour les contrats publics de défense il faut de 30 à 50% de compensations industrielles. Ces offsets seuls nécessitent l’achat d’éléments à des partenaires indiens qualifiés, ce qui nécessiterait transferts de savoirs faire et de technologies.

Les enjeux politiques internes et internationaux

L’appel d’offres MMRCA est symbolique de par ses enjeux militaires et industriels mais également sur le plan de la politique interne. En effet, Narendra Modi a centré sa politique économique sur l’objectif de faire de l’Inde une puissance industrielle pour qu’elle devienne autonome et exportatrice[v]. Renoncer au « Make In India » pour le MMRCA aurait eu un impact important pour Modi d’autant qu’il est déjà critiqué pour le manque de résultat de cette politique.

Seulement acheter un avion de chasse, qu’il soit de 4ème ou 5ème génération, n’est pas une simple action commerciale. Une des raisons des multiples saisons à rebondissement du MMRCA, qui dure depuis plus de 10 ans, est la forte influence du politique sur le contrat que ce soit au plan interne et international. L’Inde devient peu à peu un acteur diplomatique central[vi], dans l’Océan Indien[vii] et pour l’Asie Pacifique[viii], car elle est un partenaire important pour plusieurs pays.

Les Etats Unis, la France, la Russie, l’Iran, le Japon, l’Australie ou les Seychelles se rapprochent de l’Inde, que ce soit pour leurs objectifs locaux, régionaux ou internationaux. De par ses relations historiques, économiques ou militaires, parfois anciennes, avec eux, l’Inde est un pays avec lequel on peut passer des accords sur tous les sujets. Et si son économie se développe, ses besoins sont encore importants, à commencer pour moderniser son armement.

Nouvelle saison ou nouvelle série ?

Si l’Inde veut rationaliser son aviation, même avec 126 appareils le MMRCA n’aurait remplacé que la moitié, voire le tiers, des besoins de l’IAF. D’autre part confier un tel contrat à un seul fournisseur contredit la politique indienne visant à se rapprocher de tous ses partenaires. Sur le seul plan aéronaval les Etats Unis ont proposé à l’Inde leurs technologies de catapultes pour ses futurs portes avions, essentiels pour réaffirmer sa position dans l’Océan Indien.

Le nouvel appel d’offres permettrait de concilier ces deux approches : avoir assez rapidement 36 appareils pour pallier aux besoins immédiats tout en relançant la compétition entre les différents constructeurs/pays de l’appel d’offres précédents. En effet, il semblerait que tous les constructeurs soient à nouveau invités à concourir[ix] : Rafale, Gripen, F-16, F-18, Eurofighter et MiG-35. Chaque constructeur a d’ailleurs continué à pousser, et améliorer, son offre.

Les futures procédures d’achats devraient encore plus mettre l’accent sur la production locale, par le biais d’offsets et de transferts, mais également peut être au sens strict, c’est-à-dire par l’implantation de chaînes de montage complètes en Inde. Si cela va à l’encontre d’une rationalisation de la flotte de combat indienne, cela réaffirme la politique du « Make In India » tout en approfondissant les liens économiques, stratégiques et géopolitiques avec les différents pays partenaires.

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S’il est à noter que l’accord annoncé en Avril n’a pas encore été concrétisé par un contrat, il n’est pas exclu de penser que Dassault sera à nouveau sélectionné comme fournisseur pour le nouvel appel d’offres. Mais si l’on considère les lenteurs administratives, les jeux géo-politiques, les rebondissements et les contraintes pratiques d’un tel contrat sur plus de 10 ans, le nouvel appel d’offres pourrait connaître la même « longévité ».

Il ne faut pas juger des avancées de cet appel d’offres à la seule lumière des luttes politiques internes des pays concurrents dont la portée est bien inférieure à celle d’un tel contrat qui engagent deux pays sur plusieurs dizaines d’années. Les luttes d’influence entre les pays compétiteurs joueront un rôle central bien au-delà de la « simple » construction d’un avion de chasse. Et peut être ont-elles déjà joué un rôle dans la décision qui se dessine ?

Références

i Medium Multi-Role Combat Aircraft

ii « India to buy 36 Rafale jets in fly-away conditions from France », http://economictimes.indiatimes.com/articleshow/46881597.cms

iii « ‘Make in India’ for 90 medium combat jets », http://timesofindia.indiatimes.com/india/Make-in-India-for-90-medium-combat-jets/articleshow/48318408.cms

iv Defence Procurement Procedures

v « Airbus, Kamov, BAE: tous « Make in India »? », https://exmergere.info/2015/05/18/airbus-kamov-bae-tous-make-in-india/

vi « L’Inde, acteur diplomatique central ? », http://www.anaj-ihedn.org/cca-10/

vii « La France et l’Inde dans son Océan », https://exmergere.info/2015/07/20/la-france-et-linde-dans-son-ocean/

viii « Inde – Etats Unis : convergences ou divergences ? », https://exmergere.info/2015/06/07/inde-etats-unis-convergences-ou-divergences/

ix « India Is Set to Re-Compete MMRCA! », http://defense-update.com/20150802_mmrca-3.html

Le Rafale « Make in India » ?

Le Ministre de la Défense, Jean Yves Le Drian, est en Inde aujourd’hui pour entamer les discussions nécessaires à la signature du contrat d’achat des 36 Rafale annoncé par le Premier Ministre Indien lors de sa visite d’état en Avril[i]. S’il n’est pas pensable que Narendra Modi revienne sur son annonce officielle, un certain flou règne encore sur le « comment » du futur contrat. Le « pourquoi » est évident, tant l’Armée de l’Air Indienne (IAF) a un besoin avéré de remplacer certains de ses 700 chasseurs vieillissants.

Lors de son annonce, Narendra Modi avait dit vouloir commander 36 appareils prêts à voler sans autre détail, ce qui a donné lieu à de multiples interprétations. La visite de Jean Yves Le Drian est là pour éclaircir certains points. Ainsi, on avait pu comprendre que les avions seraient exclusivement construits en France sur les lignes de Dassault. Si cela avait du se confirmer, cela aurait été une sorte d’échec de la politique du « Make in India » de Modi[ii]. Mais la confusion vient de la nature même des négociations précédentes.

Le MMRCA n’était pas un contrat mais un appel d’offres[iii], un processus de sélection à l’issue duquel Dassault était entré en discussion exclusive avec le Ministère de la Défense Indien pour négocier un contrat qui aurait comporté des transferts de technologies et des offsets. Les différents points de blocage industriels et financiers, des deux parties en présence, ont amené les responsables indiens à annuler ce processus pour passer en discussion d’état à état. Loin d’être un échec, il s’agit d’un retour du politique dans ce type de contrats.

Il était en effet apparu que Hindustan Aeronautics Ltd (HAL), bien que société d’état en charge de programmes aéronautique et de défense, n’avait pas la capacité industrielle de mener à bien la construction de 108 Rafale en Inde[iv], même avec l’accompagnement de Dassault. De son côté, Dassault ne pouvait légitimement pas prendre le risque financier d’avoir seule la responsabilité complète de la construction en Inde. Le besoin opérationnel étant pressant, les responsables indiens ont privilégié une « sortie par le haut ».

En discutant d’état à état, l’Inde achète non seulement un avion, dont elle a besoin et qui correspond à ses besoins, mais également le renforcement de sa relation politique avec la France, partenaire historique dans le domaine aéronautique/défense. Les relations économiques et diplomatiques franco-indienne vont bien au-delà de la défense[v] : transports, énergies, environnement, océan indien, nucléaire. Certains de ces intérêts communs ont fait l’objet d’annonces spécifiques lors de la visite d’état, mais un peu reléguées au second plan par le Rafale[vi].

Pour en revenir au futur contrat, le Ministre de la Défense Indien, Manohar Parrikar, a indiqué que la livraison des 36 Rafale devra se faire le plus rapidement possible et selon le besoin opérationnel de l’IAF[vii]. Seulement, cela ne précise toujours pas les modalités précises du contrat à venir, qui permet en prime de lisser sur plusieurs années fiscales le coût d’acquisitions éventuelles d’autres Rafale. En effet, l’IAF devra dans les années à venir remplacer près de 300 de ses appareils de chasse, pour ne parler que de cette catégorie.

36 Rafale ne sont donc pas suffisants pour remplir ce besoin, et cela a été souligné par plusieurs analystes de défense indiens, même si l’on considère le chiffre initial de 126 appareils. Cette incertitude face à un besoin connu laisse espérer aux concurrents du Rafale qu’ils pourront également fournir des appareils à l’IAF. La partie française cherche à éclaircir les différents aspects de la 1ère tranche, et ce d’autant plus que les commandes fermes de l’Egypte et du Qatar sont venues modifier le planning de l’usine de Mérignac.

Ces contraintes de production et l’affirmation de la politique de « Make in India », permettent d’envisager une hypothèse quant à l’organisation de la production du Rafale. La procédure d’acquisition du ministère de la défense indien[viii] impose des offsets, c’est-à-dire l’achat en local de 30 à 50% de la valeur totale du contrat. La création d’une Joint Venture avec un acteur indien de la défense est désormais évoquée[ix]. Plusieurs sociétés sont citées : Tata Advanced Systems Limited, Dynamatics, Taneja Aerospace, L&T et Reliance Defence Systems[x].

Le partenaire principale des négociations du MMRCA, HAL, est également évoqué[xi]. L’hypothèse qui apparaît désormais est non seulement la création d’une JV avec un ou plusieurs industriels indiens, pour satisfaire aux obligations d’offsets et respecter la politique du «Make in India », mais surtout la création dans ce cadre d’une chaîne de montage de Rafale en Inde, augmentant de fait les capacités de production de Dassault. Le client indien recevrait ainsi ses appareils dans les délais qu’il réclame et cela pourrait avoir également un impact sur les livraisons des autres clients existants.

En plus de l’Egypte et du Qatar, le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, estime que d’autres contrats pourraient être signés en 2015. Même en augmentant les cadences de l’usine de Mérignac, les différentes livraisons pourraient prendre plus de temps que souhaitées par les clients. Cela ne remettrait pas en cause la filière industrielle française, développerait des capacités communes avec un client envisageant l’acquisition d’autres appareils. Dans cette hypothèse, des transferts de technologies devraient être réalisés, surtout si une partie des 36 appareils est fabriquée sur place.

L’Inde ne serait plus alors seulement un client, ni même un pays aux intérêts partagés, mais un partenaire stratégique sur les plans économiques et diplomatiques. Mais il ne faut pas oublier que l’Inde cherche à avoir cette même approche pour ses autres besoins en matière de défense : sous-marins, appareils de reconnaissance, bâtiments de surface, missiles. Si l’Inde produit ses propres futures Rafale, voir si elle en exporte par une JV avec Dassault, allons-nous vers un rapprochement profond de la France et de l’Inde dans le contexte particulier de l’Asie du Sud-Est ?

Références
i « India, France to discuss Rafale deal this week », http://timesofindia.indiatimes.com/india/India-France-to-discuss-Rafale-deal-this-week/articleshow/47156516.cms
ii Dont le principe a été à nouveau affirmé dans le secteur de la défense lors d’une cérémonie pour l’entrée en service actif du missile Akash de Bharat Dynamics Ltd. « Make in India Made Easy: Opportunities and Challenges in Defence Sector, by AIMT », http://www.indiandefencereview.com/news/make-in-india-made-easy-opportunities-and-challenges-in-defence-sector-by-aimt/
iii « Le Rafale s’envole pour l’Inde, mais sans le MMRCA ? », http://www.iris-france.org/le-rafale-senvole-pour-linde-mais-sans-le-mmrca/
iv De l’aveu même de l’un de ses dirigeants qui avait indiqué que sa société n’avait pas commencé à se préparer à produire le Rafale!
v Dassault est un partenaire ancien de l’Inde, tout comme MBDA, Thalès et même Airbus
vi « List of agreements signed between India and France », http://ibnlive.in.com/news/list-of-agreements-signed-between-india-and-france/539126-3.html
vii « Rafale delivery in accordance with IAF’s operational needs: Parrikar », http://indianexpress.com/article/india/india-others/rafale-delivery-in-accordance-with-iafs-operational-needs-parrikar/
viii Defense Procurement Policy : Defence procurement procedure & manual, http://india.gov.in/defence-procurement-procedure-manual
ix « Make in India: France’s Dassault hunts for Indian partners to build Rafale aircraft », http://economictimes.indiatimes.com/news/defence/make-in-india-frances-dassault-hunts-for-indian-partners-to-build-rafale-aircraft/articleshow/47155153.cms
x Sur la BITD indienne : « BITD indienne : vers les stratégies du «Make in India» and «Export India» », http://www.iris-france.org/la-bitd-indienne-vers-les-strategies-du-make-in-india-and-export-india/
xi « Rafale deal: France’s Dassault Aviation likely to enter into JV with Indian firm », http://economictimes.indiatimes.com/articleshow/47138422.cms?utm_source=contentofinterest&utm_medium=text&utm_campaign=cppst

Le Rafale s’envole pour l’Inde, mais sans le MMRCA ?

Le Premier ministre indien, en visite d’État en France, a mis fin au suspens concernant la vente du Rafale à l’Inde. Il a créé la surprise en annonçant l’achat de trente-six Rafale disponibles dès que possible pour moderniser la flotte vieillissante de l’Armée de l’Air Indienne (IAF). Après avoir initialement laissé entendre que les négociations en cours se poursuivraient, le ministre de la Défense indien, Manohar Parrikar a lui laissé entendre lundi 13 avril que les futurs achats se feraient dans le cadre d’un accord de gouvernement à gouvernement [1]. Cela signifierait un arrêt de l’appel d’offres « Medium Multi-Role Combat Aircraft » (MMRCA) qui connaitrait là son dernier rebondissement [2]. Resterait l’inconnue du chiffre final de la commande tant on est loin pour l’instant des cent vingt-six appareils prévus initialement. Car au-delà du besoin opérationnel, et du poids politique d’un tel contrat, l’autre dimension prioritaire pour l’Inde reste le développement de sa base industrielle et technologique de défense (BITD) [3].

Le Rafale s’envole pour l’Inde, mais sans le MMRCA ?

Le Rafale dans les médias indiens

Dassault Aviation est entré en discussion exclusive avec le ministère de la Défense indien pour conclure la vente de Rafales en janvier 2012. Depuis, les négociations se poursuivent pas à pas vers la conclusion d’un contrat définitif, désormais annoncé par les médias pour mars 2015 – sans tenir compte d’un éventuel report de la décision, cette date ayant déjà été plusieurs fois décalée [1] . Les médias indiens suivent de près cette affaire car il s’agit d’un contrat clé, non seulement pour l’avionneur français, mais également pour la Défense indienne dans son ensemble.

Le Rafale dans les médias indiens

U.S. again says it would provide F-35 data to India

“The U.S. Defense Department on Tuesday repeated its willingness to share information about the Lockheed Martin Corp F-35 fighter jet if the Indian government expressed interest in buying the stealthy new, multinational fighter plane.

….

India rejected American, Russian and Swedish bids in April, but a source familiar with the negotiations told Reuters on Tuesday that India was considering buying an additional 80 jets and could open that process to bidders from those countries.”

ExMergere: pour des raisons diplomatico-économiques, l’Inde pourrait acheter au final plus de 200 appareils, dont 126 Rafales, pour remplacer ses actuels chasseurs, et ce sans parler des programmes dits de “5ème génération” discutés avec les Russes et Américains.