#Analyse #2020 – « L’Inde et le Pakistan à l’épreuve du coronavirus » – Gilles Boquérat, chercheur associé, Fondation pour la Recherche Stratégique

« Second et cinquième pays les plus peuplés de la planète, avec de fortes densités et des structures de santé déjà insuffisantes en temps normal, l’Inde et le Pakistan ont le potentiel pour être des foyers importants de la pandémie liée au coronavirus. Face à la menace, le Premier ministre indien, Narendra Modi, prit, le 24 mars 2020, la décision d’imposer un confinement total alors que le pays ne comptait officiellement que 500 cas d’infection et une dizaine de morts. Le premier cas avait été décelé au Kerala le 30 janvier auprès d’un étudiant de retour de Wuhan. Comme cela avait déjà été le cas lorsque Modi avait brutalement annoncé la démonétisation de coupures en novembre 2016, les Indiens furent pris de court. Dans un pays où la très grande majorité des emplois appartiennent au secteur informel, des centaines de millions d’Indiens se sont retrouvés du jour au lendemain sans ressources et sans protection sociale. »

Changement du commandement indien: contre-terrorisme et renseignement

Samedi 17 Décembre, le gouvernement Indien a annoncé le nom des nouveaux grands commandants suivant: Armée de Terre, Armée de l’Air, « Intelligence Bureau » (IB: service de renseignement intérieur) et « Research & Analysis Wing » (RAX: service de renseignement extérieur). Le gouvernement a désigné le nouveau Chef d’Etat Major de l’Armée de Terre (Chief of Army Staff, COAS), en la personne du Lt General Bipin Rawat, issu de l’infanterie. Cette nomination a créé une polémique car le général Rawat, bien qu’issu du corps des Gorkha comme le général Dalbir Singh qu’il remplace, n’est pas l’officier général le plus gradé, comme le veut la « tradition ».

Le Lt General Bipin Rawat avec le chapeau spécifiquement des Gorkha.

Le Lt General Bipin Rawat avec le chapeau spécifiquement des Gorkha.

Les deux officiers généraux les plus gradés qui pouvaient prétendre au poste de COAS sont le général Baksi, issu de l’Arme Blindée Cavalerie, et le général Hariz, issu de l’Infanterie Mécanisée. La polémique semble plus avoir une origine de « guerre de chapelle » que de compétence, puisque ce n’est pas la première fois que l’officier général le plus gradé ne succède pas au COAS sortant. Le gouvernement a du précisé qu’il s’agissait d’une nomination au mérite, compte tenu de l’expérience du général Rawat, plutôt que pour toute autre raison « politique ». La sélection se fait parmi les officiers généraux ayant en charge un commandement.

"The Nusseree Battalion later known as the 1st Gurkha Rifles circa 1857"

« The Nusseree Battalion later known as the 1st Gurkha Rifles circa 1857 »

Le Lt General Bipin Rawat avait jusqu’à sa nomination la charge du commandement « Southern Army« . Outre sa carrière dans l’infanterie, des postes en états major ou à l’académie militaire de Dehradun, il a commandé une brigade multi-nationale de la MONUSCO en République Démocratique du Congo. Il a également été formé aux Etats Unis (Higher Command Course de Fort Leavenworth) et est titulaire d’un Doctorat de Philisophie de l’université de Meerut (principale base et école de l’infanterie), dans le domaine des relations entre médias et monde militaire. En 1987, il commandait un bataillon qui a combattu l’armée Chinoise.

Soldats Indiens capturés par l'Armée Chinoise durant la guerre de 1962

Soldats Indiens capturés par l’Armée Chinoise durant la guerre de 1962

Enfin en Juin 2015, après la mort dans une embuscade de 18 soldats indiens par des insurgés Naga dans l’état du Manipur bordant le Myanmar, il dirigea une opération de représailles contre ces militants au delà de la frontière, menée par le « 21st Para » (forces spéciales) du IIIème Corps d’Armée qu’il commandait alors. Cet épisode a peut être joué dans sa nomination tant le gouvernement a souligné que dans la situation actuelle, le contre-terrorisme et la contre-insurrection étaient des sujets prioritaires. Le Général Rawat a également eu un commandement, à la tête de la 19ème Division, dans la région frontalière Inde-Pakistan-Chine du Jammu et Cachemire (J&K).

Carte de la région du Jammu et Cachemire - la frontière du Nord Ouest

Carte de la région du Jammu et Cachemire – la frontière du Nord Ouest

Le renseignement dans cette situation est essentiel. Les nouveaux chefs des deux principaux services sont Rajiv Jain pour l’IB et Anil Dhasmana pour le RAW, pour une une durée de deux ans. Jain, qui était déjà « special director » est un policier entré à l’IB en 1989, spécialiste des mouvements islamistes. Dhasmana est également un policier qui a passé 23 ans au sein du service extérieur où il s’occupait en particulier du « desk » Pakistan. Les deux étaient déjà prévus pour prendre la place des directeurs sortants, au titre de leur ancienneté dans les services, avec une expérience sur le Pakistan (dont le Balochistan) mais aussi sur la région du J&K et l’Afghanistan.

Anil Kumar Dhasmana (L), a 1981-batch IPS officer, will head the R&AW. Rajiv Jain (R), a 1980-batch Jharkhand cadre IPS officer, is the new IB chief.

Anil Kumar Dhasmana (L), a 1981-batch IPS officer, will head the R&AW. Rajiv Jain (R), a 1980-batch Jharkhand cadre IPS officer, is the new IB chief.

L’IB a été créé en 1947 lors de l’indépendance de l’Inde, à partir du « Central Intelligence Bureau » existant sous l’ère britannique, au sein du ministère de l’intérieur. En 1885, un premier département du renseignement intérieur, en charge de la surveillance de la frontière du Nord Ouest, avait été créé au sein de l’armée des Indes. Puis en 1909, un « Indian Political Intelligence Office » fut créé pour surveiller les mouvements « révolutionnaires » indiens, renommé « Indian Political Intelligence » en 1921.  Fort de 25000 personnes, il est en charge de la sécurité intérieure, de la surveillance des mouvements extrémistes et terroristes, ainsi que du contre espionnage.

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Le RAW a été créé en 1968 à partir de l’IB suite à l’échec de celui ci pour prévenir l’attaque de la Chine en 1962, et la guerre contre le Pakistan en 1965. Il devint alors logique de créé un organisme indépendant dédié au renseignement extérieur (Chine, Pakistan, Bangladesh, Afghanistan, Sri Lanka), au contre terrorisme, et opérations visant à défendre les intérêts stratégiques de l’Inde, dont le renseignement économique. Le RAW participe également à la sécurité du programme nucléaire. Il dépend directement du Premier Ministre. Il dispose enfin d’une branche d’action clandestine, dont le Pakistan dénonce régulièrement les opérations sur son territoire.

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Les autres services de renseignement indiens sont: la « Defence Intelligence Agency » (service militaire avec plusieurs branches); le « Signals Intelligence Directorate » (service militaire dédié aux interceptions); plusieurs services dédiés aux affaires financières et fiscales; et enfin une « National Technical Research Organisation » dépendant du « National Security Advisor » sous les ordres du Premier Ministre, également en charge des interceptions. Le « Cabinet Secretariat » du Premier Ministre dispose enfin d’un « Joint Intelligence Committee » (JIC) pour coordonner les actions et exploiter les renseignements issus des différents services.

Principaux organismes de renseignement indiens

Principaux organismes de renseignement indiens

Avec la création du « National Security Council » (NSC) en 1999, le rôle du JIC fut réduit et certaines de ses tâches fusionnées avec le NSC. A noter que le RAW, qui n’est pas à proprement parler une agence mais une « aile » (wing) du « Cabinet Secretariat« , n’a pas à répondre aux demandes du parlement. Si ces services sont parfois critiqués pour leur efficacité (comme lors des attentats de Bombay en 2008), ou connaissent des crises internes voire des défections, ils ont un rôle central dans la lutte contre les mouvements terroristes « internes » (Naga et Naxals) ou « externes » (Al Qaeda et Etat Islamique) sur le territoire indien ou à l’étranger.

Pakistan Will Provide ‘Special Force’ to Defend Chinese Investments

Pakistan Will Provide ‘Special Force’ to Defend Chinese Investments
Islamabad will provide 10,000 troops just to ensure the safety of Chinese citizens and companies along the CPEC.

Iran, Pakistan, Afghanistan and Lebanon – Conference ESSEC-IRENE-SMIB, 20 November 2012

Towards an India/Pakistan rapprochement?

India, Pakistan trade: a growing necessity

India’s Department of Industrial Policy and Promotion made a historic decision last month by removing the six-decade old ban on Pakistani investment in that country. India’s new finance minister Chidambaram thinks that “shared economic ties will work as a bulwark against war”, after the Indian commerce ministry issued a statement that all Pakistani citizens and corporations are now permitted to invest in any Indian economic sector, except defence, space and atomic energy. Removing trade barriers seems like a logical step forward towards improving bilateral relations.

Pakistans relations with India: beyond Kashmir?

The business of Ramadan: ‘fast’ food, fast bucks

NDTV: the business of Ramadan

Following some estimations, the Indian muslim population is equivalent to the total population of Pakistan, making India the second largest muslim country after Indonesia.

Oil & Gas projects map

The Iran Parkistan India (IPI) and Turkmenistan Afghanistan Pakistan India gas pipelines projects are a clear explanation for the India foreign and trade policies’ evolutions regarding Iran and Afghanistan.

India to offer fresh trade sops to Pakistan to strengthen ties

In a move to help promote trade and bilateral ties with Pakistan, the government is set to slash 30% items or 254 products from the sensitive list under the South Asian Free Trade Agreement (Safta) …

India’s Neighbourhood: Challenges in the Next Two Decades

Pakistan’s President, Mr Asif Ali Zardari, with the Prime Minister, Dr Manmohan Singh, in the Capital on Sunday.

Nuclear-armed foes Pakistan, India talk peace over lunch

Pakistan President Asif Ali Zardari and Indian Prime Minister Manmohan Singh stood together in New Delhi on Sunday, adding weight to peace efforts by the nuclear-armed foes with the first visit by a Pakistani head of state to India in seven years.

Relations have warmed since Pakistan promised its neighbour most favoured nation trade status last year, although a $10 million bounty offered by Washington for a Pakistani Islamist blamed for the 2008 attacks on Mumbai has stirred old grievances.

The India interests on Afghanistan

To ensure that the Turkmenistan-Afghanistan-Pakistan-India (TAPI) Gas Pipeline Project does not remain a pipedream, India and Pakistan have decided to work on a joint strategy to resolve the contentious issue of transit fees in January.

India eyes Pakistani route for Afghan mine access

India will explore a route through Pakistan to transport iron ore from Afghanistan, the head of a consortium involved in the $11 billion project said, hoping that economic benefits will outweigh political hostility.

Despite a spike in tension in Afghanistan and uncertainty over the future once foreign combat forces leave in 2014, India was committed to developing the Hajigak mines and a 6 million tonne steel plant alongside, CS Verma, chairman of Steel Authority of India, told Reuters in an interview.

“La guerre de l’eau” : le scénario alarmiste figure désormais en bonne place dans les analyses prospectives sur la sécurité en Asie du Sud. En février 2011, le Sénat américain avait publié un rapport intitulé “Eviter les guerres de l’eau”, centré sur les risques pesant sur le Pakistan et l’Afghanistan. L’étude s’inscrit dans une littérature déjà abondante sur la montée des conflits géopolitiques attisés par la raréfaction de la ressource hydrique dans une région où le triangle Pakistan-Inde-Chine est déjà éminemment instable. En butte à des besoins croissants en énergie, les Etats agrégés autour de l’Himalaya – surtout la Chine et l’Inde aux économies émergentes – sont embarqués dans d’ambitieux projets de barrages hydroélectriques, attisant d’inévitables tensions avec les pays voisins situés en aval.

Chine, Inde et Pakistan se disputent l’eau de l’Himalaya – LeMonde.fr

Pakistan to normalise trade with India by year end

Pakistan will normalise trade with arch-rival India by the end of this year, the government said Wednesday, phasing out major restrictions on Indian imports.

Information Minister Firdous Ashiq Awan said Islamabad will gradually scrap a “negative list”, which bans hundreds of items from India and places barriers on other trade, in a bid to improve ties between the nuclear-armed neighbours.

War Between Pakistan And India Has 70% Chance Of Going Nuclear

Pakistan, India for reducing nuclear accidents

Pakistan and India have agreed to extend a pact on reducing risks of nuclear accidents that could be caused by stockpiles of atomic weapons.

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