#Documentaire #2018 – « Iran, rêves d’empire » – Artline Films

Un film de .

En quelques années, l’Iran est passé du ban des nations, de « l’Axe du Mal » de George W. Bush, au rang d’acteur majeur du Moyen-Orient, participant directement aux conflits de Syrie, d’Irak et du Yémen, renforçant son influence au Liban, devenant un interlocuteur incontournable des grandes puissances dans la lutte contre Daesh.

#Livre #2020 – Le goût de l’#Iran – Ed. Mercure de France

« Aujourd’hui République islamique d’Iran, ce pays est dépositaire d’une histoire multiséculaire. Au cœur des enjeux géopolitiques internationaux depuis que les Élamites l’habitent, l’Iran demeure un Etat unique en Orient, qui, entre peurs, défis et ambitions, souhaite avant tout retrouver sa grandeur d’antan et sa place d’autrefois. »

Livre – Le goût de l’Iran

Inde – Indonésie: des voisins stratégiques

Le Président Indonésien Joko Widodo vient d’effectuer une visite d’état en Inde. Lors de ses discussions avec le Premier Ministre Narendra Modi, plusieurs sujets de coopération économique ont été abordés: commerce bilatéral, investissements dans les énergies (pétrole, gaz, renouvelables), l’industrie pharmaceutique et les technologies de l’information. Les deux pays sont parmi les économies ayant les croissances les plus rapides. Les liens entre les deux pays sont également culturels, humains (avec une importante diaspora indienne en Indonésie) mais aussi religieux.

Président Widodo - Premier Ministre Modi

Président Widodo – Premier Ministre Modi

En effet, l’Indonésie et l’Inde ont les deux plus importantes populations musulmanes au monde: 205 millions pour l’une et 176 millions pour l’autre, autant que la population du Pakistan qui n’arrive qu’en 3ème position. Les projections démographiques du Pew Research Center prévoient toutefois que l’Inde deviendra le 1er pays d’ici à 2050, suivi par le Pakistan puis l’Indonésie. Pour autant la situation est différente: les musulmans représentent 87% de la population indonésienne mais « seulement » 15% en Inde. La question de la radicalisation, et du terrorisme, d’une partie de ces population était au centre des discussions entre les dirigeants.

Pourcentages de population musulmane en Asie du Sud-Est

Pourcentages de population musulmane en Asie du Sud-Est

Le message à l’issu était clair: aucune tolérance pour les actes de terreur. L’Indonésie s’enorgueillit de pouvoir contenir le phénomène tout en ayant un processus démocratique et un gouvernement représentatifs des composantes de sa population. L’Inde est elle dans une situation complexe: ses deux voisins immédiats, Pakistan et Bangladesh, couvrent voire supportent des mouvements terroristes qui commettent des attentats en Inde comme celui de Bombay en 2011. Depuis la partition, l’importante population musulmane indienne connait des discriminations dans la pratique de sa religion ou au niveau social, dans l’accès à certains emplois.

Répartition de la population musulmane dans le sous continent Indien

Répartition de la population musulmane dans le sous continent Indien

Mais ce message était aussi adressé à la Chine à double titre: celle ci refuserait d’implémenter la Résolution 1267 du Conseil de Sécurité des Nations Unis permettant de désigner les personnes et mouvements terroristes (par exemple en inscrivant Masood Azhar, chef du mouvement Jaish-e-Mohammad sur une liste); par ailleurs l’activisme de la Chine dans le Golfe du Bengale et dans le Détroit de Malacca, que l’Indonésie contrôle en partie) préoccupent les deux pays d’autant qu’elle développe des liens stratégiques, commerciaux et des infrastructures en Malaisie et au Bangladesh dans le cadre de sa stratégie dite du « collier de perles ».

Implantations chinoises dans l'Océan Indien

Implantations chinoises dans l’Océan Indien

L’Inde et l’Indonésie ont donc conclu un accord de coopération dans le domaine maritime, cette dernière étant également impliquée dans les tensions « Mer de Chine » (délimitation des ZEE et pêche illégale). La coopération bilatérale portera également sur le secteur de la défense avec la création d’un processus de dialogue des ministres respectifs et d’un « Joint Defence Coopération Committee« . L’Inde multiplie ce genre d’initiatives régionales avec les autres pays de l’Océan Indien, Seychelles, Maldives, Madagascar voire l’Iran, tout en maintenant un autre niveau de dialogue stratégique avec les Etats Unis, le Japon ou la Russie.

L'Inde développe également sa présence dans l'Océan Indien

L’Inde développe également sa présence dans l’Océan Indien

L’Inde n’est pour l’instant pas touchée par des actions terroristes autres que celles « initiées » par ses voisins mais surveille de près le développement de l’Etat Islamique, d’autant plus que la présence de fortes diasporas indiennes dans les pays du Golfe Persique, en Arabie Saoudite et au Moyen Orient l’obligent à entretenir des relations diplomatiques avec des pays touchés par le terrorisme sur leurs territoires. Il faut également rappeler l’action de l’Inde en Afghanistan, face à Al Qaeda mais aussi désormais face à l’EI, où elle coopère aussi bien avec les Etats Unis que le gouvernement local et la Russie.

L’artillerie de montagne Indienne: équipements et politiques

De 1858 à la fin de la 1ère Guerre Mondiale, et même pendant l’entre deux guerres, l’artillerie de l’Armée des Indes se résume à l' »Indian Mountain Artillery » équipée avec des « screw guns » cités par Rudyard Kipling: canons de 2.5 pouces transportés en plusieurs pièces et assemblés au besoin. Certaines de ces pièces resteront en service jusque dans les années 60 où elles seront remplacées par des pièces de 3.7 pouces mais dont le canon est toujours transporté à dos de mules en 2 éléments. Il s’agit toujours de pouvoir atteindre les montagnes reculées de la « North West Frontier«  qui après la 2ème Guerre Mondiale sera la ligne de combat contre le Pakistan.

http://www.kiplingsociety.co.uk/rg_screwguns1_p.htm

Screw Gunners – The Kilpling Society

Dans cette région, si l’artillerie est un avantage au combat, la configuration du terrain rend quasiment impossible l’utilisation de pièces lourdes montées sur roues. Des écrits relatent néanmoins l’emploi de l’artillerie dès le 18ème siècle, portée par des éléphants, des chevaux et même des chameaux! Durant son administration, la « East India Company » (EIC) utilisait des coolies pour déplacer ses pièces. Ce port à dos d’hommes est resté en usage jusqu’au début du 20ème siècle, par exemple au sein des bataillons « Gurkha » de l’état d’Assam. L’usage de la mule devient fréquent dès le 19ème siècle, usage en provenance des guerres Napoléoniennes en Espagne.

http://www.kiplingsociety.co.uk/rg_screwguns1_p.htm

Les cadres de l’artillerie des Indes étaient majoritairement issus de la « British Royal Artillery » (BRA), ainsi que des officiers locaux (« Viceroy’s Commissioned Officers« ). Le service dans cette arme était prisé car il garantissait d’aller au combat. Si l’artillerie a été utilisée en Inde depuis le 14, l’arme de l’artillerie, post 1947, est issue de l’Armée des Indes, même si certaines traditions sont plus anciennes. Avant la 1ère Guerre Mondiale, l’ordre de bataille de l’artillerie est de 6 batteries héritées de l’EIC, 6 batteries créées pendant la grande mutinerie, 8 batteries de la BRA, et de l’artillerie des « Indian State Forces« , issues des états princiers.

Bahawalpur Princely State Infantry – Delhi 1903

Durant la 1ère Guerre Mondiale, si des troupes indiennes vont combattre en Europe, la majeure partie du million d’hommes levé servira en Mésopotamie (700000 soldats et 75000 morts), mais aussi en Egypte, en Palestine et en Afrique de l’Est allemande. Des 12 batteries d’artillerie de montagne d’origine, 6 seront envoyées sur les fronts et au total 29 existeront à la fin du conflit. Deux en particulier serviront à Gallipoli (1st Royal et 6th Jacobs), sur les 15000 Indiens aux côtés de l’ANZAC.  En Mésopotamie, en Perse, l’artillerie indienne fut engagée pour protéger les champs pétrolifères, ainsi que dans le Nord Ouest de l’Inde, toujours instable.

Troops from the Indian Mule Corp at Gallipoli (Image: Australian War Memorial)

Troops from the Indian Mule Corp at Gallipoli (Image: Australian War Memorial)

L’artillerie de l’Armée des Indes fut à nouveau mise à contribution pendant la 2ème Guerre Mondiale avec en 1945 10 régiments d’artillerie de campagne, 13 régiments de montagne, 10 régiments anti-tanks, et 9 régiments anti-aérien. Au moment de la partition avec le Pakistan, l’artillerie, comme les autres composantes des armées, fut répartie entre les nouveaux pays. Dès lors, l’artillerie devait prendre part à toutes les guerres de l’Inde contre le Pakistan, la Chine, le Portugal ou au Sri Lanka. C’est aujourd’hui une des armes les plus importantes, avec 190 régiments équipés de matériels de technologies et provenances différentes.

Indian soldiers drag artillery over rocky terrain

L’Inde opère ainsi de l’artillerie auto-propulsée Anglaise (FV433 Abbot) mais aussi Russe (2S1 Gvozdika) et Sud-Coréenne (K9 Thunder), ainsi que de l’artillerie principalement tractée Russe (S23, D30, M46,) mais aussi Suédoise: les canons Bofors de 155mm, surtout connus pour le scandale de corruption qui les entourent et sa conséquence politique, impliquant Rajiv et Sonia Gandi. Si l’Inde veut diversifier ses relations politiques, dans une perspective économique ou diplomatique à l’échelle internationale, cela passe presque toujours par un achat de matériels, logiquement variés.

Canon Bofors durant la guerre du Kargil en 1999

Canon Bofors durant la guerre du Kargil en 1999

Ceci s’oppose à une autre volonté de moderniser ses équipements tout en rationalisant sa chaîne logistique et de soutien, tout en voulant développer son industrie de défense: programmes dits « indigènes » (le Dhanush: l’arc de Shiva) ou stratégie du « Make in India« . Si l’artillerie est moins diversifiée dans ses équipements que la cavalerie blindée, ou moins ouverte à la concurrence internationale comme l’armée de l’Inde, elle reste essentielle face au Pakistan ou même à la Chine. Et dans l’attente de l’entrée en service du Dhanush, l’Inde a décidé d’acheter 145 canons américains M777, nouveau signe du développement de la coopération Inde-USA.

Canon Dhanush dérivé du canon Bofors suédois

Canon Dhanush dérivé du canon Bofors suédois

L’annonce de ce contrat, d’un montant supérieur à 1 milliard de dollars, a été faite durant la 15ème réunion du « India-Us Military Co-operation Group » (MCG). Le MCG s’inscrit dans le cadre du dialogue bilatéral établi depuis 2001. Si 25 canons seront directement livrés en condition d’emploi, les 120 suivants seront assemblés en Inde dans la coopération mise en place entre BAE Systems et Mahindra. Il s’agit donc d’un programme « Make in India », avec production sur place, ce qui lui donne une dimension industrielle et politique, comme de plus en plus souvent avec les Etats-Unis.

Inde: la frontière du Nord Ouest, la question de l’Afghanistan

Jusqu’à la partition en 1947, l’indépendance de l’Inde et du Pakistan, la frontière Nord Ouest de l’Inde était l’Afghanistan, tampon entre l’Empire Britannique et l’Union Soviétique. Mais avant l’URSS, l’Inde était régulièrement menacée par le biais des voies dont les plus connues sont la Khyber Pass et la Bolan Pass. En 1849 la région fut mise sous le contrôle de la East India Company puis directement par la couronne Britannique. De 1849 à 1947 cette zone connut de multiples expéditions punitives contre les tribus Pachtoune ou les Sikhs avec trois épisodes majeurs appelés Guerres Indo-Afghanes (1838-1848, 1878-1898, 1919).

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Ces guerres servirent de creuset à l’armée des Indes, troupes anglaises envoyées d’Angleterre et troupes indiennes levées sur place dans les états princiers. De nombreux officiers britanniques connus firent leurs armes, comme Winston Churchill. Des auteurs comme Arthur Conan Doyle ou Rudyard Kipling évoquent cette région dans leurs œuvres (L’Homme qui voulut être Roi). Entre ces guerres « locales » et les guerres mondiales, l’armée des Indes se consacre à la surveillance de la région, face à l’Empire Russe puis face à l’Union Soviétique. Après la partition, le Cachemire va devenir le point de cristallisation des affrontements Inde-Pakistan.

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Aujourd’hui, bien que l’Inde n’ait plus de frontière commune avec l’Afghanistan, elle en reste proche de part le rôle du pays dans l’échiquier régional. L’Inde fut le seul pays d’Asie du Sud à reconnaître la République Démocratique Afghane, soutenue par l’URSS, pendant les années 80. Les relations entre les deux pays furent réduites pendant les années 90 et la domination des Talibans. L’Inde fut à nouveau le principal pays d’Asie du Sud à aider sur un plan humanitaire, et pour sa reconstruction, l’Afghanistan dans les années 2000. Elle joua un modeste rôle militaire contre les Talibans par une base aérienne au Tadjikistan (Ayni).

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Son objectif est de contourner le Pakistan pour avoir accès aux ressources énergétiques d’Asie Centrale, et en développant des axes de communication (route et rail), par l’Iran pour avoir un autre accès à l’Océan Indien. Le financement du port de Chabahar semble contrer l’influence de la Chine chez son ennemi héréditaire, symbolisée par le port de Gwadar (qui n’a pourtant pas encore servi à la marine chinoise). Le Pakistan accuse les services de renseignement indien, le Research & Analysis Wing, de mener des opérations clandestines sur son territoire à partir de l’Afghanistan.

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Après avoir déjà fourni des hélicoptères de combat russes Mi-25 à l’Afghanistan, et formés ses officiers supérieurs, l’Inde semble vouloir développer cette aide militaire, en coordination avec la Russie. Il s’agirait dans un premier d’aider l’armée de l’air afghane à remettre en état, puis assurer le soutien, de 40 à 50 hélicoptères ainsi que des avions de transport. Bien qu’en lien avec la Russie, cette aide fait suite au mécanisme mis en place lors du retrait des troupes de l’OTAN en 2014. Ce développement fait suite à la rencontre du Président Afghan Ghani et du Premier Ministre Modi en Inde en Septembre.

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Il s’agit non seulement de contrer la Chine et le Pakistan, mais aussi de développer des relations régionales tout en tenant compte du retour des Talibans en Afghanistan et de la montée de l’Etat Islamique dans la région. Si l’Inde n’est pas encore directement atteinte par l’EI bien que l’organisation semble y être présente, elle se doit d’être attentive à ce phénomène (Combattre l’Etat Islamique, Singh Memheld, RDN N°779, Avril 2015). Et ce d’autant plus que l’EI a revendiqué un attentat à Kaboul le 21 Novembre contre une mosquée chiite. Le gouvernement Ghani, soutenu entre autres par l’Inde, devrait désormais négocier avec les Talibans face à l’EI.

ISIS strikes again in Kabul

L’Inde doit, historiquement et actuellement, composer avec de multiples acteurs pour défendre ses intérêts en Afghanistan, que ce soit sur le plan économique, politique, militaire et sécuritaire.

Return of Iranian Ports in the Post Sanction Era

Return of Iranian Ports in the Post Sanction Era

Iranian economy in a glance

     Islamic Republic of Iran is an outstanding figure in terms of geo-economics and geo-politics. As the largest nation in Middle East and Central Asia, Iran is an economic power in terms of international trade, industry and agriculture, energy and natural resources, science and technology, tourism and logistics. In spite of all unprecedented global pressures in the past three decades, Iran is the land of resources and opportunities. Among the great features of Iranian economy, we can point to:

  •  80 million population with progressive improvement of human development ( HDI reported to be 0.749 in 2014)[1]
  • highly developed human capitals in form of young educated workforce.
  • second global place in terms of natural gas reservoirs (34,020 billion Cubic meters) and third in terms of production (1.626 trillion cubic meters in 2013)[2,3]
  • Fourth global place in terms of proven oil reservoir (157,530 million barrels) and fifth in terms of production (3.4 million barrels per day of petroleum and other liquids in 2014) [2,4]
  • 7 percent share of mineral reserves in the world (Aluminum, Copper, Zinc, Magnesium, Chrome, Lead, Sulfur, talc, Gypsum, Phosphates , cement, silica, Gold, Uranium, Titanium, Gem Stones, and many more)[5,6]
  • Significant industrial production in more than 40 industries including metals and alloys, automotive, petrochemicals, petroleum refinery, defense, Chemicals, Food and drinks, Pharmaceutical and Healthcare, construction, transport, tourism, retail, Shipbuilding, Power, telecommunication, electronics, and so on.
  • Great agricultural production (classified among the top 40 countries in 12 categories out of 13 categories of agricultural products) with an estimate of 3 billion USD agricultural production in 2015.[7,8]
  • Foreign trade including 32,495 million USD non-oil exports, 53,652 million USD Petroleum exports and 51,560 million USD imports[4,9]

      Many of mentioned figures, though still significant in stature, reflect the induced contraction in Iranian economy within the duration of globally-enforced economic sanctions. Indeed, the real capacities and capabilities of Iranian economy are far beyond this projection. This is the main reason for the rush of global economic players to Iranian markets in the advent of post-sanctions era. As appreciated by specialists and researchers, opening of Iran’s mega-market to foreign investment can provide new investment opportunities with estimated value of 600-800 billion USD within the next decade [10, 11, and 12].

     It is a fact that Iran’s role in global economy cannot be overlooked: the world needs Iran as much as Iran needs the world. The time has come for the world to deal with Iran as a global player and regional partner that is willing to contribute to peace, stability and development. In this paper we review the status of Iranian ports sector and the benefits that it can offer to world trade. We will focus more on container ports that are capable of serving various supply chains.

 Iran: the potential crossroad of trade

   Iran is geographically located in the intersection of Middle East, and Central and South Asia. It borders 16 countries by land, water and sea[1]. In this sense, Iran is the second state in terms of number of neighbor countries. Iran has 890 kilometers of coastline in her north that covers the entire southern bottom of Caspian Sea, and 4900 Kilometers of coastline in her south that covers the entire northern expanse of the Oman Sea and Persian Gulf. Oman Sea is connected to the Indian Ocean, the most strategic ocean in the world. Associated with a total 2.5 billion population in her littoral states, Indian Ocean provides access to emerging and booming economies of new millennium and their markets.

 Exhibit 1 – Map of some proposed International North-South Transport Corridor passing Iranian Territory

   Accordingly Indian Ocean has evolved into the greatest maritime highway for transport of energy and trade that attracts half of container ships, two third of oil tankers, and one third of bulk carriers of the world. The linkage of Persian Gulf and Sea of Oman to Indian Ocean provides the connection of Central Asia and Middle East to the global maritime transport network.

     Indeed all of the northern, western and eastern neighbors of Iran can be accounted as her potential hinterlands: Afghanistan, Turkmenistan, Azerbaijan, Armenia, NaKhjavan, and Kazakhstan are landlocked and do not have access to open seas. There are also landlocked states that are not direct neighbors of Iran, but border her neighbor states: these include Tajikistan, Kyrgyzstan, and Uzbekistan.

      In spite of access to open seas, states like Iraq, Pakistan, and Syria not only have serious issues in terms of availability of port facilities and infrastructure, but also face serious national security issues. As the most politically stable and logistically capable country in the region, Iran is the best choice to serve the trade to these states.
Iran is also the best route for transit of trade flows from South Asia (and Far East) to states like Georgia, Turkey, westbound Russia, Ukraine, and even further to the EU states. The potential transit capability is usually recognized as proposed Transport Corridor concepts. Iran is also incorporated in several other proposed corridors (as shown in exhibit1), including North-South Corridor (INSTC), Europe-Caucasus-Asia Corridor (TRACECA), and Silk Road Corridor. In 2014, the total GDP and population of the 17 hinterland states of Iranian ports in Eurasia and Central Asia have been 3,600 billion USD and 547 million people respectively.

    In the south, Iran borders with six countries of (Persian) Gulf Council, and Iraq by sea. These are emerging markets and Iran not only has good ties with them but also has substantial trades with UAE, and Iraq . The Persian Gulf Council states are mostly oil-driven economies with total GDP of 1,650 billion USD and aggregate population of 50 million people (excluding Iraq).

 Iranian Ports: the natural choice

      Shanghai International Shipping Institute has forecasted that within the coming ten years, the demand for container ports in Persian Gulf will grow (by a 65.44% increase) to 49.4 million TEU. According to this report, we can estimate that the transshipment /gateway traffic ratio will rise from 77.36% in 2015 to 80.55% in 2025. This is in disagreement with the natural tendency of shipping and supply chains towards increase of gateway traffic in ports. Indeed, aside from some few instances, ports are normally driven by gateway traffic all around the world, and a/m ratio is usually near 43% (accounting 30% share for transshipment in total port traffic). This natural tendency has been extravagantly breached in Persian Gulf. Instead of directing the supply chains to gateway ports to minimize the cost, time, and unwanted externalities (including the pollution, and natural resources depletion) in delivery of goods to customers in the markets, the industry has switched into transshipment of goods from remote ports on the west side of Hormuz Strait at extra-heavy costs.

     For better understanding, let’s consider two scenarios: in the first scenario, a shipping line sends a 12,000 TEU ship to Jebel Ali in her Middle East Service, and a big part of cargo is transshipped to Bandar Abbas by two smaller 4,500 TEU Ships[2]. In the second scenario, the shipping line sends the 12,000 TEU ship directly to Bandar Abbas. By comparing of costs and externalities of these scenarios, we find that scenario no.1 will require and entail consumption of 1134.2 tons of more fuel, emission of 3534.3 tons of CO2, several days of delay in delivery of goods to customers, thousands of dollars of additional cost per delivery of each container, and hundreds of thousands of dollars for deployment of ships per voyage[3]. This is absolute diseconomy in management of supply chains. These costs and externalities could be pragmatically avoided if the 12,000 TEU vessel was sent directly to Bandar Abbas according to scenario no.2. Unfortunately what has been put into practice for decades is scenario one.

Presently, the Iranian ports sector is capable of channeling one-third of the prevailing gateway container demand in Persian Gulf region. Among the 22 container ports in Persian Gulf and Sea of Oman, Iran has 6 globally renowned ports namely Chabahar, Shahid Rajaee Port, Bushehr Port, Assaluyeh Port, Imam Khomeini Port, and Khoramshahr[4]. These ports are connected to a network of about 85893 Kms of roads, 10407 Kms of railways, 60 airports, and supported by great transport fleets[5] that can channel and distribute the cargo to inbound and peripheral outbound markets [17, and 18]. Moreover on the northern borders, Iran has three major ports that cover the entire southern coastline of Caspian Sea: these are Anzali, Amirabad, and Noshahr. These ports can act as forelands for other Caspian Sea ports (i.e. Baku, Astrakhan, Aktau, Turkmenbashi, etc.). Table 2 indicates the capabilities of Iranian Ports and Maritime Sector within March 2009 and March 2015.

 

Exhibit 2 – MSC Beatice, 13,800 TEU ULCV,  berthed in Shahid Rajaee Port Complex

     Many of Iranian ports are involved in development and capacity extension plans: Shahid Rajaee Port is meant to extend her capacity to 8 million TEU and 150 million tons in few years. Chabahar port has absorbed foreign investment to serve the Southern Asia- Central Asia trade in very near future. Bushehr Port is developing a 600 thousand TEU container terminal in Negin Island, and there are similar developments in BIK, Khoramshahr, Anzali, Amirabad, and Noshahr. Moreover, many infrastructure development projects are getting completed to enhance the connectivity in Iranian transport network: these consist of 11,584 kilometers of roads, 586 kilometers of freeways, and 4,371 Kilometers of railways. Many of these projects are meant to serve as parts of transport corridors that cross Iran, including Qazvin-Rasht-Astara railways, Arak-Kermanshah-Khosravi railways, Anzali-Rasht-Ramsar Freeway, Tabriz-Bazargan Freeway, Astara-Rezvanshahr highway, and many more[22].

      The Iranian territory includes Strait of Hormuz. The strait not only accounts for passage of 35 percent of oil traded by sea, but also facilitates the crossing of around 85,500 vessels per year. This provides best opportunities for development of maritime business clusters in Iranian territory. The cluster may include such businesses as bunkering, maritime insurance, ship repair, salvage, ship chandlery, and many more businesses. The best instance of such businesses is bunkering: according to vicinity to maritime routes, economic supply of oil products, and availability of infrastructure and equipment, Iran is among the best choices to build a stable bunkering market.

     Iran has been working actively to enhance her trade and business environment. Many of Iranian ports have been transformed into free zones and special economic zones. Several exemptions, discounts, and facilitations are in place to support the transit from Iranian land. Iranian state is an influential member of many economic blocs such as Economic Cooperation Organization (ECO), GECF and OPEC. Iran is also invited to join Eurasian Economic Union (EAEU), Shanghai Cooperation Organization (SCO), and bidding to join WTO as well.

     In a nutshell, Iran is moving speedily to gain her merited position as a global participant in economy, international trade, and logistics in the post-sanction era. This can be a turning point in the history of Middle East. Expanded from the heart of the Heartland to the edge of the Rim-lands, Iran is the natural choice of ports and terminals in Middle East. This preference is strongly substantiated by political stability, industrial development, human development, size of accessible markets, transport facilitation, and opportunities for cooperation and investment. The time has come for the world and Iran to recognize the interests of one and another and organize their joint efforts to consolidate them.

 Endnotes

 [1] ) Iran has 6,000 kilometers of land (and river) borders with Pakistan, Afghanistan, Turkmenistan, Azerbaijan, Armenia, Nakhjavan, Turkey and Iraq. The sea borders include 657 kilometers with Turkmenistan, Azerbaijan, Kazakhstan, and Russia in Caspian Sea, and 2043 kilometers of sea borders with Iraq, Kuwait, Saudi Arabia, Qatar, Bahrain, United Arab Emirates, and Oman.

[2] )Vessel sizes are selected due to the expected cascading effects in near future.

[3] ) Fuel consumption rates and Carbon dioxide emissions are taken from M.Sisson, and I.M. Vincent Andersen[19, and 20].

[4] ) Other southern Iranian ports are Qeshm, Bandar Lengeh, Kish, Assaluyeh, Kharg, Mahshahr, Abadan, Lavan, Gonaveh. There are some other promising and/or developing ports in terms of container throughput like Souza port and Jask port. In addition, there are around 100 small and local ports in Iranian coastlines.

[5] )The Iranian national maritime fleet includes a total capacity of 106429 TEU container, 1338946 million gross tonnage in bulk, and 404225 gross tonnage in general cargo in IRISL. The hauliers fleet consists of 423,000 lorries and trucks. The national railways fleet consists of 444 locomotives and more than 22000 railcars in operations.

References:

Note : This technical paper has been published on Port Technology International in September 2015, and it is available from this link from PTI’s website (bit.ly/1QYNev0). The author specially thanks Messrs. J.A.A. Khan, and R.Joy from Port Technology International.

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Sommet Inde – Afrique, enjeux et proximités

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Du 26 au 29 Octobre 2015 s’est déroulé à New Delhi le 3ème Sommet Inde Afrique avec 54 pays participants venant de ce continent. Le niveau des délégations, présidents – premiers ministres – ministres, montre bien à quel point l’Inde continue son « offensive » diplomatique tous azimuts[i]. Après l’ASEAN, l’Europe, les Etats Unis et la Russie (Narendra Modi s’y rendra en Décembre), ou encore l’Océan Indien, son étranger proche, l’Inde se tourne désormais vers l’Afrique, non seulement au vu de ses liens avec le continent mais aussi pour y défendre ses intérêts face à la Chine.

Ce sommet, initialement prévu en décembre 2014 mais reporté de par les craintes liées à l’épidémie d’Ebola, mets l’accent sur les enjeux communs des deux continents : au-delà d’une histoire commune de la lutte contre « le colonialisme et l’apartheid »[ii], l’Inde souligne les challenges de la globalisation, la pauvreté, les maladies, l’illettrisme et la faim ou encore le changement climatique, les menaces terroristes ou le développement économique commun. Cette communauté d’intérêts doit déboucher sur un partenariat basé sur l’équité, le respect et le bénéfice mutuels.

Plusieurs pays africains ont exprimé leurs besoins d’une aide dans plusieurs domaines et secteurs : télécoms, énergies, santé, agriculture, infrastructure. Le Ministre de l’Industrie de la Côte d’Ivoire, les Ministres des Affaires Etrangères d’Erythrée, du Lesotho, de la Gambie ou du Bénin, de la Somalie et de Madagascar, ont exprimé ce type de besoins. Celui du Burundi est même allé jusqu’à apporter son soutien à l’Inde pour avoir accès au statut de membre permanent du Conseil de Sécurité des Nations Unies[iii], selon la logique que les deux continents représentent ¼ des membres du conseil.

L’Inde en Afrique

L’Inde propose elle d’investir dans ces pays 10 milliards de dollars. L’expérience de l’Inde en matière de lutte anti-terroriste/insurrection pourrait être utile pour les pays d’Afrique qui eux même sont exposés à ce type de risques, d’après l’ancien Secrétaire aux Affaires Etrangères indien Kanwal Sibal[iv]. L’Inde a d’ailleurs déjà monté des centres de formation en Ethiopie et au Soudan. L’Inde a également une longue expérience des missions de la paix sous le drapeau des Nations Unies. Cette coopération couvre également l’échange de renseignements.

Mais l’Inde n’oublie pas pour autant l’intérêt de ses industries pharmaceutiques ou minières. Ce sommet a rassemblé des dirigeants de toute l’Afrique, et pas seulement ceux côtiers de l’Océan Indien ou ceux où il y a une forte diaspora indienne. Le Président égyptien Abdel Fattah Al-Sissi, l’africain du sud Jacob Zuma, le nigérian Muhammadu Buhari ou encore le Roi marocain Mohammed VI étaient présents. Le Président Robert Mugabe du Zimbabwe, Idriss Deby du Tchad ou Alpha Condé de Guinée, ou encore Omar al-Bashir ont également participé.

L’Inde voulait parler à toute l’Afrique quelque soit la situation dans les pays représentés ou l’image de leurs représentants. Que ce soit du point de vue des investissements, des débouchés industriels, des ressources disponibles ou de la question de la sécurité, y compris dans l’Océan Indien, l’Inde chercher à contrebalancer l’influence de la Chine sur le continent. Beaucoup de ces pays sont musulmans, sont confrontés au terrorisme, là où l’Inde commence à s’inquiéter de ce phénomène compte tenu de sa propre population musulmane, la 2ème au monde en nombre[v].

Le discours du Roi Mohammed VI est à ce titre illustratif[vi], d’autant qu’il participe rarement à ce type de sommets: « Cette occasion évoque pour moi le souvenir … de ma première visite en Inde en 1983, à la tête de la délégation du Maroc à la conférence des non-alignés, et aussi celui de ma première visite officielle en 2001. Je garde à l’esprit la qualité des relations privilégiées qui unissent nos deux pays … Sa Majesté le Roi Mohammed V que Dieu ait son âme et le grand leader Jawaharlal Nehru. Je songe également à leur combat pour la libération et l’indépendance des Etats africains. »

Ou encore : « Le Maroc est disposé à adhérer avec l’Inde à des initiatives communes s’inscrivant dans le cadre de ce forum et touchant les domaines prioritaires pour nos peuples et dans lesquels nos deux pays ont engrangé de grandes expériences et d’importantes expertises. Cela se fera à l’image du partenariat fructueux qui lie nos deux pays dans le domaine du phosphate et de ses dérivés, et que nous nous attachons à élargir pour qu’il couvre les programmes de sécurité alimentaire[vii], et à mettre à la disposition de certains pays africains. »

Et enfin : « La sécurité et la stabilité sont les piliers du développement. Sans elles, nos pays ne pourront pas améliorer leur situation sociale et mener à bonne fin leurs initiatives de développement. Vu la forte corrélation entre les défis de développement et les menaces terroristes sans précédent, les Etats membres de ce Forum devraient adopter une approche intégrée axée sur la mise en place d’une coopération étroite avec l’Inde. Le Maroc est toujours disposé à créer un groupe de travail commun pour assurer la coordination et l’échange des informations dans ce domaine. »

L’Inde dans le Monde

La diaspora indienne est très présente en Afrique de l’Est, jusqu’à tenir des postes ministériels en Afrique du Sud (par exemple Pravin Gordhan, Minister of Cooperative Governance and Traditional Affairs et ancien Ministre des Finances, membre fondateur de l’African National Congress et du parti communiste Sud Africain, compagnon de route de Nelson Mandela) : « les Indiens sont implantés depuis plusieurs générations dans certains pays africains, comme l’Afrique du Sud, où Gandhi … a débuté sa lutte, mais aussi le Kenya ou la Tanzanie »[viii].

« Cinq pays majeurs en Afrique sont fournisseurs de l’Inde en matières premières », estime Jean-Joseph Boillot, conseiller auprès du Centre de recherche français dans le domaine de l’économie internationale (CEPII), co-auteur avec Stanislas Dembinski de Chindiafrique, édité chez Odile Jacob. « Le Soudan, d’abord, pour ce qui est du pétrole. Dans ce pays l’Inde et la Chine coopèrent, d’ailleurs ». Puis, il y a le Nigeria. En 2014, l’Inde est devenue le premier importateur du pétrole du pays, en achetant plus d’un quart de la production quotidienne nigériane[ix].

Au-delà de ces liens, la confrontation avec la Chine n’est pas aussi frontale qu’on peut le penser, avec même certaines complémentarités : « La Chine s’est spécialisée dans le produit très bon marché et solide, elle est également spécialisée dans tous les grands travaux d’infrastructure. Or, c’est précisément deux secteurs où l’Inde est très faible … La solution indienne Airtel s’est imposée en Afrique. Derrière celui qui fournit les équipements pour les antennes pour couvrir le territoire africain, il y a le Chinois Huawei …», conclut Jean-Joseph Boillot.

Le Premier Ministre Narendra Modi a comparé les deux continents rassemblant un tiers de l’humanité, renforçant leurs revendications pour une meilleure représentativité dans les instances internationales : « Today, it is not just a meeting of India and Africa. Today, the dreams of one-third of humanity have come together under one roof. Today, the heart beat of 1.25 billion Indians and 1.25 billion Africans are in rhythm»[x]. La croissance économique soutenue de l’Inde, 7.5% prévus en 2016, depuis plusieurs années la pousse à trouver des débouchés pour ses produits.

Au-delà de cette question, c’est bien le rôle de l’Inde en tant qu’acteur diplomatique central qui est en jeu[xi]. L’Inde, de par sa position géographique et politique est au centre de plusieurs problématiques internationales : l’Océan Indien, le terrorisme, l’Iran, la Russie, la Chine, l’Asie Pacifique, le nucléaire. Le sommet Inde Afrique est la plus importante opération diplomatique de l’Inde depuis sa création et le mouvement des « non alignés »[xii]. Elle développe la coopération Sud-Sud, avec le Brésil ou l’Afrique du Sud mais aussi la Sud-Nord désormais avec l’Europe ou les USA.

Malgré ce rôle central, l’Inde n’est pas encore un acteur majeur tant son rôle est parfois défini par ce que ses partenaires, l’Afrique ou les USA et la Russie ou l’Europe, en attendent. Mais l’Afrique est indéniablement un sujet majeur pour son économie et sa diplomatie : aujourd’hui le volume des échanges Inde-Afrique se monte à 70 milliards de dollars[xiii]. L’effort des prêts et investissement consentis est d’autant plus notable que l’Inde elle-même doit encore assurer son développement, en continuant à attirer des investissements directs étrangers par l’ouverture de ses propres marchés.

Conclusion

Par ce mouvement vers l’Afrique, l’Inde cherche à renforcer son rôle diplomatique et économique dans la région, tout en continuant ses efforts vers l’est, pour diminuer sa dépendance à ses partenaires traditionnels : ainsi en accédant aux ressources de l’Afrique, à commencer par le pétrole et le gaz, elle gagne en autonomie vis-à-vis de ses sources habituelles (Irak, Arabie Saoudite Iran)[xiv] tout en poursuivant malgré tout ses approches spécifiques vers elles. Une autre des préoccupations est son (in)dépendance alimentaire, sujet où l’Afrique peut également être une partenaire.
Malgré cette initiative cependant, l’Inde est encore loin de la Chine en matière d’échanges/coopérations et donc d’influence et d’accès aux ressources du continent. Avec 222 milliards de dollars d’échanges avec l’Afrique, la Chine fait 3 fois mieux que les Etats Unis, et créé des programmes d’aide au développement pour un montant de 84 milliards de dollars. L’Inde doit aussi compter en Afrique avec les autres acteurs, Europe et USA, qui ont leurs propres agendas, investissements, et sommets dédiés à ce continent qui lui devrait devenir clé dans les années à venir.

Références
i “L’Inde, acteur diplomatique central?”, Pierre Memheld, http://exmergere.info/2015/05/19/linde-acteur-diplomatique-central/
ii Welcome to the India-Africa Forum Summit 2015 – http://www.iafs.in/home.php
iii « African countries seek India’s cooperation in defence, agri » – http://www.business-standard.com/article/pti-stories/african-countries-seek-india-s-cooperation-in-defence-agri-115103100989_1.html
iv « Will PM Modi’s mega Africa outreach advance India’s interests? » – http://indiatoday.intoday.in/story/will-pm-modis-mega-africa-outreach-advance-indias-interests/1/510679.html
v « Combattre l’Etat Islamique », Pradhuman Singh, Pierre Memheld, Revenue Défense Nationale N°779, Avril 2015
vi « Discours intégral du Roi Mohammed VI devant le 3ème Sommet du Forum Inde-Afrique » – http://www.atlasinfo.fr/Discours-integral-du-Roi-Mohammed-VI-devant-le-3eme-Sommet-du-Forum-Inde-Afrique_a66345.html
vii « Disaster proofing the Indian Agribusiness: Ensuring food Security through unconventional Supply chains », Pradhuman Singh, Pierre Memheld, Journal of the University of Petroleum & Energy Studies (Dehradun, India), Octobre 2015
viii « Les nécessaires échanges entre l’Inde et l’Afrique » – http://www.rfi.fr/economie/20151026-inde-afrique-sommet-economie-chine-investissements-commerce-matieres-premieres-tel
ix Ibis idem.
x « India Announces $10 Billion Concessional Credit to Africa » – http://www.ndtv.com/india-news/india-announces-10-billion-concessional-credit-to-africa-1237921
xi Ibis idem.
xii « Re-defining India-Africa ties » – http://www.dailypioneer.com/columnists/oped/re-defining-india-africa-ties.html
xiii « Modi calls India and Africa bright spots of economic opportunity, offers technology and credit » – http://www.theprovince.com/business/modi+calls+india+africa+bright+spots+economic+opportunity+offers/11476894/story.html
xiv « India seeks to extend influence in Africa as leaders gather » – http://www.irishtimes.com/news/world/asia-pacific/india-seeks-to-extend-influence-in-africa-as-leaders-gather-1.2407775

L’Inde nucléaire

Dr Abdul Kalam hands over a replica of the Brahmos missile to Indian Armychief J.J. Singh

Dr Abdul Kalam hands over a replica of the Brahmos missile to Indian Armychief J.J. Singh

L’ancien Président de la République Abdul Kalam[i] est décédé le 27 Juillet 2015 après une longue carrière comme scientifique. Né en 1931 dans une famille musulmane modeste du Tamil Nadu, son père était Imam, le jeune Kalam se fait remarquer par sa volonté d’étudier, en particulier les mathématiques. Après des études au Collège Saint Joseph de Tiruchirappalli[ii], il rejoint l’Université de Madras dont il sort diplômé en physique en 1954. Il étudie ensuite l’ingénierie aérospatiale au Madras Institute of Technology et manque de peu de devenir pilote de chasse.

Il rejoint alors le Aeronautical Development Establishment de la Defense Research and Development Organisation (DRDO) où il conçoit un hélicoptère léger pour l’armée. Membre du Indian National Committee for Space Research (INCOSPAR) il est transféré en 1969 à la Indian Space Research Organisation (ISRO) où il est directeur du projet du premier Satellite Launch Vehicle. Dans les années 70, Kalam est en charge des projets de missiles balistiques indiens et assiste au premier test nucléaire le 18 Mai 1974, bien qu’il n’ait pas participé directement à sa préparation.

Kalam joua par la suite un rôle majeur, pour ne pas dire central, dans le développement des programmes de missiles indiens, dont ceux à capacité nucléaire, pour finir Chief Scientific Adviser du Premier Ministre et Secretary (directeur) de la DRDO de 1992 à 1999. Le second essai nucléaire indien, Pokhran II (1998), fut réalisé durant cette période sous sa supervision ce qui fit de lui le scientifique nucléaire le plus connu car il joua un rôle politique dans ce programme. Au demeurant il n’est pas le « père » de la bombe indienne. Cette notoriété lui servit comme Président.

« Smiling Buddha »

Réalisé sur une base militaire du Rajasthan, Pokhran-I est également le premier essai nucléaire d’une nation non membre du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Le programme nucléaire indien débute en 1944 quand le véritable père de la bombe, le physicien Homi J. Bhabha créé le Tata Institute of Fundamental Research. Auparavant il était chercheur en physique nucléaire à Cambridge avant de retourner en Inde au début de la guerre en Europe. En 1948, Nehru le nomme directeur du programme nucléaire et représentant de l’Inde auprès des instances internationales.

S’il préside la conférence des Nations Unies pour les usages pacifiques de l’énergie atomique, il milite également pour le développement de l’armement indien en la matière. Après la guerre Sino-Indienne de 1962, il demande fermement et publiquement que l’Inde ait des armes nucléaires. Encore aujourd’hui, ces deux approches coexistent en Inde. D’une part elle a un accord spécifique avec l’Agence International pour l’Energie Atomique (AIEA) et le Nuclear Suppliers Group (NSG) pour avoir accès au marché international des technologies et des matériaux nucléaires.

D’autre part l’Inde n’est toujours pas signataire du Traité de Non-Prolifération des Armes Nucléaires (NPT) et n’accepte pas les inspections de son programme nucléaire militaire. D’après le SIPRI, l’arsenal indien serait de 90 à110 têtes[iii]. L’Inde possède non seulement toutes les installations pour produire du plutonium à usage militaire mais également bientôt tous les vecteurs nécessaires au déploiement de cette dissuasion : avions, missiles, sous marins[iv]. Et malgré les sanctions appliquées après son essai de 1998, elle n’a jamais pas exclu d’en conduire d’autres.

Dissuasion crédible

Initié avant l’indépendance du pays le 15 Août 1947, le développement du programme nucléaire (civil) après fut entre autres motivé par le besoin d’avoir une source d’énergie autonome. Le débat politique interne sur la nécessité d’un programme militaire fut longtemps actif entre les scientifiques prônant la nécessité d’une dissuasion crédible face à la Chine et des politiciens s’y opposant pour des raisons économiques et morales. Bien qu’opposé au principe des armes nucléaires, un Premier Ministre, Lal Bahadur Shastri autorisa un premier programme de recherche en 1964[v].

Le premier essai réussi de 1974 ne fut pas immédiatement suivi d’une fabrication d’armes nucléaires, bien que cela aurait été possible, jusqu’au milieu des années 80 et les efforts du Pakistan pour en acquérir. Le Pakistan réagit à un très important exercice militaire indien à sa frontière par des menaces à peine voilées de riposte nucléaire. Ceci devait convaincre le Premier Ministre Rajiv Gandhi d’autoriser le développement d’armes nucléaires indiennes. Mais dans le même temps il militait pour la non-prolifération de ces armes.

Le risque de nouvelles sanctions économiques a à nouveau ralenti le programme militaire en 1995 suite à la découverte par les services de renseignement américains de la préparation d’un nouvel essai[vi]. Et c’est un Premier Ministre BJP, Atal Bihari Vajpayee, qui devait relancer les essais en 1998, les 11 et 13 Mai. Peut après l’Inde se déclarait être un « nuclear weapon state ». En 1999, le National Security Advisory Board rédigea une première doctrine indienne mettant en avant deux principes : pas de première utilisation et une posture défensive de dissuasion minimum crédible.

Stratégie régionale

Elu en 2002 avec le soutient du parti du Congrès au pouvoir mais également celui du BJP de Narendra Modi et du Parti Nationaliste, Kalam fut surnommé le « Président du Peuple ». S’il aurait pu se présenter pour un second mandat, il choisit plutôt de retourner à la vie civile et devint professeur dans plusieurs grandes écoles de management ou de sciences. Tout en étant musulman pratiquant, Kalam prêchait le syncrétisme et le respect des différentes croyances et cultures indiennes. Il fut cependant critiqué pour certaines de ses décisions liées à ses pouvoirs de Président.

Mais en tant qu’ancien responsable du programme nucléaire Kalam a écrit un livre « India 2020 » proposant un plan d’action pour faire de l’Inde une « superpuissance du savoir » et lui conférer un rôle plus affirmé dans les relations internationales. Son développement économique et militaire, à l’échelle régionale ou internationale, fait actuellement de l’Inde un acteur de plus en plus central sur certaines questions internationales (Asie Pacifique, Océan Indien, Asie Centrale)[vii]. Kalam voyait le programme nucléaire militaire comme un moyen d’affirmation de cette position.

La doctrine nucléaire indienne a évolué au vu du renforcement des liens entre la Chine et le Pakistan et pour tenir compte d’une variété de menaces plus grande. L’Inde maintient ainsi une capacité intégrée et permanente de riposte contrôlée par le pouvoir civil : la Nuclear Command Authority composée d’un Political Council, présidé par le Premier Ministre, seule instance pouvant autoriser l’emploi d’armes nucléaires, et d’un Executive Council, dirigé par le National Security Advisor, fournissant les éléments de décision au pouvoir politique.

Nucléaire civil

Le plutonium utilisé lors du premier essai nucléaire indien fut raffiné dans le réacteur CIRUS fourni par le Canada en utilisant de l’eau lourde fournie par les USA. Le Canada devait rompre sa coopération nucléaire avec l’Inde suite à cet essai alors que les USA devaient la poursuivre en continuant les livraisons d’uranium enrichi pour le réacteur Tarapur. Celui-ci avait été construit par Bechtel et General Electric en 1963 suite à un accord entre l’Inde, les USA et l’AIEA. La coopération nucléaire entre les deux pays n’est donc pas nouvelle.

Mais après les essais de 1998 elle fut à nouveau suspendue jusqu’en 2005 et la signature du US India Nuclear Cooperation Agreement. Depuis si l’Inde, avec l’autorisation du NSG, peut à nouveau commercer sur le marché du nucléaire, il ne s’agit que du pan civil de ses activités, le programme militaire restant hors de portée des inspecteurs internationaux. L’Inde séparant ses activités civiles et militaires a ainsi pu renouer des coopérations nucléaires avec la Russie, la France, le Royaume Uni, la Corée du Sud, le Canada, l’Argentine et le Kazakhstan, la Mongolie ou la Namibie[viii].

Elle a multiplié les projets de construction de réacteurs, nécessaires pour soutenir son développement industriel avec les USA, la France ou le Canada. 21 réacteurs produisent déjà 5780MW, 6 nouveaux sont en construction pour 4300MW et 33 autres sont planifiés pour 33564MW. Depuis les années 90, la Russie est un des principaux fournisseurs d’uranium et a signé un accord de coopération civile prévoyant la construction de 18 réacteurs, accord héritier des coopérations énergétiques entre les deux pays remontant à l’ère soviétique.

***

Comme dans le secteur défense, l’Inde cherche à devenir autonome du point de vue énergétique en acquérant des technologies par l’ouverture de son marché intérieur. A l’inverse l’Inde est indépendante pour son programme militaire, malgré une aide initiale des USA, Canada et URSS. Le développement de son armement va de paire avec celui de son armement conventionnel, en particulier les vecteurs de projection. Ici aussi la Russie joue un rôle essentiel par ses avions, le programme commun de missile Brahmos et la location de sous marins nucléaires.

Aussi bien Barack Obama que Vladimir Poutine ont rendu hommage à Abdul Kalam, soulignant ainsi le rôle de l’Inde comme acteur nucléaire et acteur régional. Mais c’est un autre évènement récent qui pourrait changer la donne, l’accord Iran-USA sur le nucléaire. L’arrivée sur le marché du brut iranien pourrait faire baisser les prix, favoriser les raffineries indiennes et ainsi renforcer les relations économiques existantes entre les deux pays[ix]. Ces avantages l’Inde les a acquis en n’appliquant pas les sanctions internationales vis-à-vis de l’Iran.

Références

i Avul Pakir Jainulabdeen « A. P. J. » Abdul Kalam : le poste de Président en Inde n’est pas politique bien que désigné indirectement par les électeurs par les deux parlements nationaux et les assemblées des états. Il est formellement le chef de l’exécutif, du législatif et des armées. Mais en pratique ces fonctions sont exercées par le Premier Ministre et le gouvernement.

ii « St.Joseph’s College was established in 1844 by the Fathers of Society of Jesus (The Jesuits). It is one of the oldest institutes in the World. Among all St.Joseph’s Colleges, it is the third oldest institute. It was affiliated to Madras University in 1869. »

iii ”World Nuclear Forces,” SIPRI Yearbook 2014 (Oxford University Press: Oxford, 2014), http://www.sipri.org

iv « L’Inde : puissance militaire ? », Revue Défense Nationale – N° 774 – Novembre 2014

v Subterranean Nuclear Explosion for Peaceful Purposes (SNEPP)

vi George Perkovich, India’s Nuclear Bomb: The Impact on Global Proliferation (Berkeley: University of California Press, 1999)

vii « L’Inde, acteur diplomatique central ? », Cahiers du Comité Asie de l’ANAJ-IHEDN – Mai 2015, http://www.anaj-ihedn.org/WordPress3/wp-content/uploads/2015/05/CCA10-v4-HD.pdf

viii India, Country Profile, Nuclear Threat Initiative

ix « India and the Iran deal », Brookings – Tanvi Madan – July 20 2015

India to Start Building Chabahar Port Infrastructure

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The Indian government said that an Indian company would be building the infrastructure for the port at a cost of over 85 million USD. The move marks another major step by New Delhi to increase ties between India and Afghanistan, which are already enjoying closer relations than ever before.

Chabahar

After nuclear negotiations, what’s next for Iran’s economy? – Al-Monitor: the Pulse of the Middle East

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As the world is anticipating the conclusion of the nuclear negotiations between Iran and the five permanent members of the UN Security Council plus Germany (P5+1), analysts and businesses wonder how a potential lifting of the current sanctions will influence economic developments in Iran. There is no doubt that a gradual lifting of sanctions will pave the way for greater trade and investment ties between Iran and the rest of the world, especially the Western nations. However, what exactly can we expect beyond a comprehensive deal?

Iran, Pakistan, Afghanistan and Lebanon – Conference ESSEC-IRENE-SMIB, 20 November 2012

Iran tankers fleet growing

Can India Revive Nonalignment?

Nonaligned seating: Indian Prime Minister Manmohan Singh, attending the Non-Aligned Movement summit in Tehran, is received by Iranian President Mahmoud Ahmadinejad.

Can India Revive Nonalignment?

Nonalignment is an impossible dream, even perilous, for states with big aspirations.

India’s Prime Minister Manmohan Singh is leading a large delegation to the summit meeting of the Non-Aligned Movement in Tehran this week. A foreign policy of nonalignment – friends to all – is tempting for any state, but particularly for a populous democracy like India. Under Jawaharlal Nehru, India navigated the Cold War with such a policy of nonalignment, balancing ties and trade with both the US and the Soviet Union. But in a more complex and multipolar world, India faces potential threats, even from close neighbors.

India is looking for new markets and trade routes with its neighbours

India keen to expand exports to Iran

Existing and planned trade routes

Notwithstanding US pressure on it to reduce engagements with Iran, India today said it would like to expand India’s exports to Tehran and noted that bilateral trade relations have improved over the last few years.

India discusses Chahbahar port project with Iran, Afghanistan

« The objective of the meeting was to explore ways to expand trade and transit cooperation, including investment, among the three countries starting with the Chahbahar Port »

In a significant meet ahead of the NAM summit, India, Iran and Afghanistan today held a trilateral during which the regional security and economic situation was discussed, including ways to commercially exploit the Chahbahar port, a major venture in the sanction- hit country.

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