Cuba – Inde: des relations anciennes et affirmées

Le leader de la révolution cubaine, et ancien président, Fidel Castro vient de mourir à 90 ans, après plus d’un demi siècle de mainmise sur Cuba.

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L’Inde a été un des premiers pays à reconnaître Cuba après la révolution de 1959 et son arrivée au pouvoir. Mais la première visite officielle d’un dirigeant cubain fût celle d’Ernesto Che Guevaria à New Delhi avec le Premier Ministre indien Jawaharlal Nehru. En retour Nehru rencontra Castro à New York.

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Rajiv Gandhi en 1985 et Manmihan Singh en 2006 visitèrent Cuba, ainsi que d’autres officiels indiens. Castro se rendu deux fois en Inde en 1973 et 1983. L’Inde et Cuba ont signé des accords bilatéraux dans le commerce, la culture, les sciences, l’énergie ou les sports. Toutefois ces échanges sont modestes avec par exemple en moyenne seulement 30 à 40 millions de dollars par an de marchandises. L’Inde apporta plusieurs fois son aide à Cuba sous forme de denrées alimentaires pendant les crises que connût le pays.

New Delhi, Delhi, India --- Original caption: NEW DELHI: Fidel Castro is met by Indira Gandhi on his arrival at airport. --- Image by © Bettmann/CORBIS

Les principales relations entre les deux pays sont sur le plan politique, l’Inde et Cuba faisant partie du « Non Aligned Movement ». Les deux pays ayant également souvent eu des positions proches à l’ONU ou à l’OMC. L’Inde supporta plusieurs résolutions à l’ONU pour la levée des sanctions américaines contre Cuba. En retour Cuba défendait la position de l’Inde pour l’élargissement du Conseil de Sécurité de l’ONU et la « démocratisation » de l’organisation. Cuba militait aussi pour l’inclusion de l’Inde dans le Conseil de Sécurité.

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La culture indienne est appréciée à Cuba par le Yoga et la méditation avec des adeptes de Shri Shri Ravi Shankar. Un festival fut même organisé à Cuba en 2013 à l’occasion de la visite du Vice Président indien. Les sports sont un autre domaine de coopération, les sports de combat indiens sont enseignés et des coach cubains aidant les athlètes indiens pour des olympiades. La diaspora indienne à Cuba est modeste, constituée de sœurs missionnaires indiennes, d’officiels indiens établis sur place et d’émigrés en provenance de la Jamaïque.

L’Inde au pays du matin calme

India's Prime Minister Narendra Modi and South Korea's President Park Geun-hye - AFP Photo

La participation de l’Inde à la guerre de Corée en 1950 ne fut pas la plus importante parmi les 16 pays impliqués dans le conflit, mais elle fut significative à deux niveaux. Tout d’abord, il s’agissait de la première mission mais de loin pas de la dernière de la toute jeune armée Indienne sous le drapeau des Nations Unis. Ensuite, cette implication même modeste, créa une relation particulière entre la Corée du Sud et l’Inde. Cette relation vient de se renouveler avec la visite du Premier Ministre Modi à Séoul du 18 au 19 Mai[i].

Le 20 Novembre 1950, la 60th Parachute Field Ambulance, faisant partie de la 50th Parachute Brigade de l’Indian Army, débarquait à Pusan pour être déployée à Pyongyang avant d’être divisée en deux sous unités[ii]. Le Forward Element devait y servir au côté de la 27th British Brigade et l’Administrative Element fût déployé à Daegu pour aider les populations locales, traiter les prisonniers nord-coréens aux côtés de l’hôpital militaire sud-coréen. Forte au maximum de 627 personnels, l’unité devait participer à plusieurs opérations jusqu’en Août 1953.

A la signature de l’armistice en Juillet 1953, les pays membres de la Neutral Nations Repartiation Commission (NNRC : Tchécoslovaquie, Pologne, Suède, Suisse et Inde) choisirent l’Inde pour diriger la NNRC et superviser l’échange de prisonniers de guerre. L’Inde déploya près de 6000 personnels, dans la Custodian Forces-India (CFI), incluant les personnels de la 60th Parachute Field Ambulance : cette force prit en charge 25000 prisonniers et gagna le respect des pays impliqués, à commencer par la Corée du Sud.

Malgré cette implication, des relations diplomatiques ne furent établies entre l’Inde et la Corée du Sud qu’en 1973. L’Inde faisant partie des pays non alignés, étant proche de la Russie, et ayant une relation compliquée avec la Chine, des divergences politiques rendirent ce rapprochement long. Mais depuis quelques années, des intérêts économiques et stratégiques partagés ont contribué à accélérer ce rapprochement. Ces relations, dont des coopérations militaires[iii], ont pris la forme de visites officielles, au moment de dates clefs, et de partenariats ou investissements industriels.

Le Président Coréen Lee Myung-bakin fut l’invité d’honneur du Republic Day indien en 2010 et le rôle de l’Inde fut souligné lors des célébrations du 60ème anniversaire de la guerre de Corée. Des visites de ministres, dont ceux de la défense, de conseillers nationaux à la défense, de chefs d’état-major ont eu lieu depuis 2010. En Janvier 2014, la Présidente coréenne Park GeunHye s’est rendue en visite d’état en Inde. Des exercices militaires communs, entre les marines des deux pays par exemple, ponctuent désormais la coopération stratégique.

La Corée du Sud, malgré son éloignement et sa proximité stratégique avec les Etats Unis, fait partie intégrante de la Look East Policy indienne. L’Inde cherche à attirer les investissements coréens pour développer son industrie, par exemple dans les secteurs métallurgique ou portuaire[iv]. D’autres coopérations existent dans les domaines spatial et informatique. Comme pour les pays d’Asie du Sud Est et de l’ASEAN, il s’agit de contrer l’expansion économique et territoriale de la Chine. Mais il s’agit de la politique de l’Inde, pas seulement d’une volonté américaine.

La multiplication de visite d’officiels indiens a pour objectif de renforcer le rôle de l’Inde dans les organisations internationales ou régionales[v], un de ses buts étant d’obtenir un siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Si l’Asie du Sud Est compte, l’Océan Indien, et même l’Afrique, où elle investirait désormais plus que la Chine, sont également à l’agenda du gouvernement Modi. Les relations avec le Japon qui réagit fermement, en se réarmant, face aux agissements de la Chine, connaissent également un renforcement.

Au demeurant, la récente visite de Narendra Modi en Chine montre bien que les deux pays tentent de trouver des terrains d’ententes dans le domaine économique et même sur la question sensible des frontières[vi]. La Chine a annoncé plus de 40 milliards d’investissements en Inde entre la visite de XI Jinping en 2014 et celle de Modi. Et de la même manière que l’Inde et la Chine entretiennent des relations économiques, tout en s’opposant militairement, l’Inde entretient des relations, certes limitées mais durables, avec la Corée du Nord.

Références
i « In South Korea, PM Narendra Modi says now it’s time to ‘Act East' », http://www.hindustantimes.com/india-news/pm-modi-arrives-in-south-korea-to-enthusiastic-welcome/article1-1348274.aspx
ii Parachute Regiment of India, http://en.wikipedia.org/wiki/Parachute_Regiment_(India)
iii India-ROK Defence Relations, http://www.indembassy.or.kr/pages.php?id=64
iv « India-South Korea Relations: A New Beginning », http://www.idsa.in/idsacomments/IndiaSouthKoreaRelations_pbaruah_290114.html
v « L’Inde, acteur diplomatique central ? », http://www.anaj-ihedn.org/cca-10/
vi « 7 reasons why Modi’s visit to China was different », http://www.rediff.com/news/column/modi-in-china-7-reasons-why-modis-visit-to-china-was-different/20150518.htm

L’Inde, acteur diplomatique central ?

Si l’on s’en tient au nombre important de visites de chefs d’états et de ministres étrangers en Inde ou d’officiels indiens dans les pays d’Asie, d’Afrique, du Moyen Orient, d’Europe et des Etats Unis, on pourrait en déduire que l’Inde est devenu un acteur diplomatique central. La visite, mi décembre, de Vladimir Poutine a notamment permis d’appréhender l’ampleur de la relation particulière qui unit l’Inde et la Russie depuis 1955 et l’ère soviétique. Le Président Russe et le Premier Ministre Indien auraient ainsi conclu pas moins de 20 accords pour un montant total de 100 milliards de dollars, à l’occasion du 15ème sommet bilatéral annuel entre les deux pays. L’Inde a par ailleurs renforcé ses relations stratégiques et économiques avec l’Australie, le Vietnam, les Philippines, l’Indonésie, la Malaisie, le Japon, la Corée ou l’Iran. L’Inde va également accueillir en 2015 un nouveau sommet Inde-Afrique, continent avec lequel elle a des liens économiques et historiques de par sa diaspora implantée sur le continent africain.

Article publié dans les Cahiers du Comité Asie de l’ANAJ-IHEDN – Mai 2015

Le CCA-10 peut être téléchargé ici.

Hard Ukraine bargaining leaves sour taste for some in EU | Reuters

Hard Ukraine bargaining leaves sour taste for some in EU | Reuters.

But nearly a year on from the first « EuroMaidan » protests that would topple the pro-Moscow president who had spurned an EU trade deal, some in Brussels are disillusioned by the experience of helping Ukraine. EU generosity in waiving import duties and funding gas supplies from Russia may be being abused, they say.

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Iran, Pakistan, Afghanistan and Lebanon – Conference ESSEC-IRENE-SMIB, 20 November 2012

Transcript: « The South China Sea: Disputes, Risks and Diplomacy »

Can India Revive Nonalignment?

Nonaligned seating: Indian Prime Minister Manmohan Singh, attending the Non-Aligned Movement summit in Tehran, is received by Iranian President Mahmoud Ahmadinejad.