Guerre Economique: « Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie préoccupent l’UE »

« La chambre basse du Congrès américain doit voter mardi sur de nouvelles sanctions contre la Russie. Ce projet provoque la colère à Moscou, mais aussi en Europe, car il permettrait de sanctionner des entreprises européennes du secteur de l’énergie. »

Source : Les nouvelles sanctions américaines contre la Russie préoccupent l’UE – rts.ch – Monde

Dans ce cas il s’agit effectivement de guerre économique car les Etats-Unis tentent de bloquer, au bénéfice de leurs entreprises, celles qui en Europe continuent de commercer ou investir en Russie en respectant, faut-il le rappeler les sanctions existantes.

Un régime de sanctions ne doit pas être confondu avec un régime d’embargo: dans un cas seules certaines entreprises et personnes sont visées; dans l’autre c’est la totalité d’un pays qui est visé. L’extension des sanctions est simplement une manœuvre.

Les Etats-Unis savent contourner leurs propres règles: le Vice-Ministre des Affaires Etrangères de Téhéran avait témoigné devant des industriels français de l’existence d’un vadémécum du Département d’Etats permettant aux entreprises US de commercer avec l’Iran légalement.

C’est oublier deux autres réalités: la Chine, l’Inde ou même le Japon commercent avec l’Iran ou la Russie sans être menacés de sanctions, voire même s’ils le sont de ne simplement pas en tenir compte. La Russie est le premier vendeur d’armement en Inde, l’Iran y exporte du pétrole.

De même le Japon, évidemment la Chine et désormais l’Inde concurrent, et espionnent les entreprises européennes et françaises, de façon très directe voire ouvertement. A se tromper d’adversaire on est quasiment certain de perdre la guerre, qu’elle soit économique ou « classique ».

Inde – Indonésie: des voisins stratégiques

Le Président Indonésien Joko Widodo vient d’effectuer une visite d’état en Inde. Lors de ses discussions avec le Premier Ministre Narendra Modi, plusieurs sujets de coopération économique ont été abordés: commerce bilatéral, investissements dans les énergies (pétrole, gaz, renouvelables), l’industrie pharmaceutique et les technologies de l’information. Les deux pays sont parmi les économies ayant les croissances les plus rapides. Les liens entre les deux pays sont également culturels, humains (avec une importante diaspora indienne en Indonésie) mais aussi religieux.

Président Widodo - Premier Ministre Modi

Président Widodo – Premier Ministre Modi

En effet, l’Indonésie et l’Inde ont les deux plus importantes populations musulmanes au monde: 205 millions pour l’une et 176 millions pour l’autre, autant que la population du Pakistan qui n’arrive qu’en 3ème position. Les projections démographiques du Pew Research Center prévoient toutefois que l’Inde deviendra le 1er pays d’ici à 2050, suivi par le Pakistan puis l’Indonésie. Pour autant la situation est différente: les musulmans représentent 87% de la population indonésienne mais « seulement » 15% en Inde. La question de la radicalisation, et du terrorisme, d’une partie de ces population était au centre des discussions entre les dirigeants.

Pourcentages de population musulmane en Asie du Sud-Est

Pourcentages de population musulmane en Asie du Sud-Est

Le message à l’issu était clair: aucune tolérance pour les actes de terreur. L’Indonésie s’enorgueillit de pouvoir contenir le phénomène tout en ayant un processus démocratique et un gouvernement représentatifs des composantes de sa population. L’Inde est elle dans une situation complexe: ses deux voisins immédiats, Pakistan et Bangladesh, couvrent voire supportent des mouvements terroristes qui commettent des attentats en Inde comme celui de Bombay en 2011. Depuis la partition, l’importante population musulmane indienne connait des discriminations dans la pratique de sa religion ou au niveau social, dans l’accès à certains emplois.

Répartition de la population musulmane dans le sous continent Indien

Répartition de la population musulmane dans le sous continent Indien

Mais ce message était aussi adressé à la Chine à double titre: celle ci refuserait d’implémenter la Résolution 1267 du Conseil de Sécurité des Nations Unis permettant de désigner les personnes et mouvements terroristes (par exemple en inscrivant Masood Azhar, chef du mouvement Jaish-e-Mohammad sur une liste); par ailleurs l’activisme de la Chine dans le Golfe du Bengale et dans le Détroit de Malacca, que l’Indonésie contrôle en partie) préoccupent les deux pays d’autant qu’elle développe des liens stratégiques, commerciaux et des infrastructures en Malaisie et au Bangladesh dans le cadre de sa stratégie dite du « collier de perles ».

Implantations chinoises dans l'Océan Indien

Implantations chinoises dans l’Océan Indien

L’Inde et l’Indonésie ont donc conclu un accord de coopération dans le domaine maritime, cette dernière étant également impliquée dans les tensions « Mer de Chine » (délimitation des ZEE et pêche illégale). La coopération bilatérale portera également sur le secteur de la défense avec la création d’un processus de dialogue des ministres respectifs et d’un « Joint Defence Coopération Committee« . L’Inde multiplie ce genre d’initiatives régionales avec les autres pays de l’Océan Indien, Seychelles, Maldives, Madagascar voire l’Iran, tout en maintenant un autre niveau de dialogue stratégique avec les Etats Unis, le Japon ou la Russie.

L'Inde développe également sa présence dans l'Océan Indien

L’Inde développe également sa présence dans l’Océan Indien

L’Inde n’est pour l’instant pas touchée par des actions terroristes autres que celles « initiées » par ses voisins mais surveille de près le développement de l’Etat Islamique, d’autant plus que la présence de fortes diasporas indiennes dans les pays du Golfe Persique, en Arabie Saoudite et au Moyen Orient l’obligent à entretenir des relations diplomatiques avec des pays touchés par le terrorisme sur leurs territoires. Il faut également rappeler l’action de l’Inde en Afghanistan, face à Al Qaeda mais aussi désormais face à l’EI, où elle coopère aussi bien avec les Etats Unis que le gouvernement local et la Russie.

L’Inde en Antarctique

India Antarctica Station

Bharati Antarctica Station

India Antarctica Station

Maitri Antarctica Station

 

 

 

 

 

 

Le 3 et 4 Septembre 2015, le Center for Ocean and Environmental Studies, dépendant de l’Université de New Delhi, a commémoré les 30 ans des recherches de l’Inde en Antarctique. Le séminaire, organisé par le département de botanique de l’université, a abordé non seulement l’antarctique mais également les problématiques liées à la biodiversité, les ressources, le changement climatique et les menaces sur les écosystèmes de l’Himalaya indien, bordé par les états parmi les plus peuplés de la république, constituant une frontière stratégique face à la Chine et au Pakistan.

La période 1983-1985 correspond à la réalisation par l’Inde de six expéditions en Antarctique avec dès 1983 l’établissement d’une première base permanente, suite à sa signature du Antarctic Treaty System[i]. L’Inde avait déjà mené 2 missions en 1981 et 1982 vers ce continent au sud de son océan. En 2015, après 35 expéditions, l’Inde fait partie des nations les plus actives sur le continent avec 3 stations permanentes : Dakshin Gantori, Maitri (illustration) spécialisée dans la géologie et la médecine et Bharati (illustration) spécialisée dans l’océanographie.

Symbole de l’importance que le gouvernement indien attribue à l’Antarctique, le Premier Ministre Modi devrait s’y rendre courant Octobre après sa visite aux Etats Unis. Cette visite a comme prétexte l’étude de l’évolution du climat en Inde, celle-ci subissant depuis plusieurs années une baisse des précipitations durant la mousson, changement qui trouverait son origine en Antarctique. Modi devrait en profiter pour inaugurer une nouvelle station de recherche. Mais l’Inde s’intéresse à d’autres aspects en Antarctique mais aussi en Arctique.

Historique de la présence

L’origine des missions indiennes en Antarctique remonte à la coopération entre la Indian Space Research Organisation et le Hydometeorological Centre of Russia qui a permis à des scientifiques indiens de participer aux missions soviétiques, dont la 17ème de 1971 à 1973. Aujourd’hui le programme de recherche est géré par le National Centre for Antarctic and Ocean Research, organisme de recherche dépendant du Ministère des Sciences de la Terre. Le Department of Ocean Development participe à la sélection des chercheurs envoyés sur place.

En 1983 l’Inde a obtenu le statut de partie consultative du Scientific Committee on Antarctic Research (SCAR) et en 1986 membre de la Convention on the Conservation of Antarctic Marine Living Resources (CCAMLR). Elle a ratifié en 1997 le Protocol on Environmental Protection to the Antarctic. Elle coopère également la Intergovernmental Oceanographic Commission (IOCINDIO) et fait partie de la United Nations Convention on the Law Of the Seas (UNCLOS)[ii]. Elle mène dans ses stations des recherches sur l’origine des continents, le changement climatique et la météorologie.

L’Inde s’intéresse à l’Antarctique dans la continuité du renouveau de son influence dans l’Océan Indien. Plusieurs des pays actifs dans cet océan le sont également en Antarctique (Etats Unis, Australie, Royaume Uni et France). Un des moteurs de ce renouveau est la stratégie chinoise dans la région. Or la Chine est également de plus en plus active en Antarctique[iii] : elle vient d’ouvrir sa quatrième base, en planifie une cinquième et construit son deuxième brise-glace. Signataire du traité antarctique, la Chine ferait de l’exploration des ressources sous couvert scientifique.

Enjeux des arctiques

L’Inde, bien que signataire du traité de l’Antarctique interdisant l’exploitation des ressources locales, pourrait arguer qu’elle était directement rattachée au continent[iv]. Aujourd’hui 7 pays revendiquent des portions du continent (Norvège, Australie, France, Nouvelle Zélande, Chili, Royaume Uni et Argentine). La Russie et les Etats Unis, ayant chacun plusieurs bases, s’étant réservé le droit de le faire (le Brésil a récemment revendiqué une zone d’intérêt). Ces revendications n’ont aucune reconnaissance internationale d’où l’intention indienne de les remettre en cause.

En effet, il apparait que des gisements de pétrole[v], et de manganèse[vi], existeraient dans le sous sol antarctique (ressources identifiées par le biais des recherches géologiques). La faisabilité, et la rentabilité, de l’exploitation de ces ressources reste à déterminer. Quant au respect des règles en vigueur, il ne s’applique en principe qu’aux pays signataires des traités et protocoles. Il en va de même pour les eaux territoriales des portions qui seraient reconnues. La convention UNCLOS s’appliquerait ainsi à ces eaux et des zones économiques exclusives seraient ainsi créées.

En arctique, l’Inde a un statut d’observateur permanent de son conseil éponyme depuis 2013 avec d’autres pays comme la Chine, l’Italie, le Japon, la Corée du Sud ou Singapour. Le Président Pranab Mukherjee s’est rendu en visite d’état en Norvège et Finlande, démontrant ainsi l’intérêt de l’Inde pour les questions arctiques. Si la motivation officielle de son implication dans cette région est scientifique[vii], il faut rappeler qu’elle est le quatrième pays consommateur d’énergie au monde. Le réchauffement climatique facilitant l’accès aux ressources de la région, l’Inde se positionne.

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Que ce soit au niveau régional ou international l’Inde cherche à développer des relations diplomatiques et économiques avec ses voisins et avec des pays pouvant soutenir son développement ou ses revendications. Elle cherche en particulier à contrer l’influence croissante et l’encerclement[viii] de la Chine dans l’Océan Indien en misant entre autres sur sa diaspora et ses liens historiques ou religieux avec les états océaniques. De même, elle s’intéresse à l’Antarctique et l’Arctique pour sécuriser l’accès à des ressources énergétiques, par exemple par la signature d’un accord avec la Russie lors de la visite du Premier Ministre Modi à Moscou fin 2014.

Références

i Antarctic Treaty System – https://en.wikipedia.org/wiki/Antarctic_Treaty_System

ii http://www.un.org/depts/los/convention_agreements/texts/unclos/closindx.htm

iii China is making moves in Antarctica – http://uk.businessinsider.com/china-is-making-moves-in-antarctica-2015-5?r=US&IR=T

iv « Indian Antarctic Program: Scientific and Politico Strategic Fallouts, and Economic Spinoffs », The Indian Institute of Science, Bangalore, Mai 2013

v Why do so many nations want a piece of Antarctica? – http://www.bbc.com/news/magazine-27910375

vi Manganese Deposits of Variable Composition from North of the Indian-Antarctic Ridge – http://www.nature.com/nature-physci/journal/v242/n120/abs/physci242106a0.html

vii Elle y a une station de recherche, Himadri, depuis 2008 au Spitsberg.

viii Inde-Chine, entre encerclement et contre-encerclement, Général (2S) Jean Vincent Brisset, Pierre Memheld, Revue Défense National, Septembre 2015

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