Chinese Communist Espionage: An Intelligence Primer Book Launch | Center for Strategic and International Studies

« Against the backdrop of recent allegations leveled against Huawei and other Chinese entities, the nature and scope of the Communist Party of China’s (CCP) secret operations overseas, including traditional espionage, influence operations, industrial espionage, and intellectual property theft have never been more important, yet this topic remains widely misunderstood and understudied. In their new book, Chinese Communist Espionage: An Intelligence Primer, co-authors Peter Mattis and Matt Brazil focus on the world of Chinese espionage both past and present, enabling a better understanding of how important its influence is, both in China and abroad. »

The event will be webcast live from this page.

Source : Chinese Communist Espionage: An Intelligence Primer Book Launch | Center for Strategic and International Studies

Les sanctions américaines comme outil de politique étrangère – le cas de l’Inde

« US sanctions rain on India-Russia defence parade » – The Economic Times

L’Europe

Les sanctions américains, que ce soient celles appliquées par le biais du Foreign Corrupt Practices Act (FCPA), visant les faits de corruption, ou celles mises en oeuvres par l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) ne visent pas que l’Europe et ne représentent qu’une partie de l’éventail juridique américain.

Comme le souligne très justement un récent rapport de l’@IFRI_, « Comply or Die: les entreprises face à l’exigence de conformité venue des Etats-Unis« , le FCPA vise avant tout des entreprises américaines: « Sur un total de 488 actions lancées depuis la mise en oeuvre du FCPA, 340 mettent en cause des entreprises ou individus américains. Les 148 autres visent des des étrangers, parmi lesquels seulement 13 sont français ».

Si l’on se réfère à la base de données publiée par la Stanford Law School, Foreign Corrupt Practices Act Clearinghouse, sur 247 cas recensés à fin 2017 (4 nouveaux cas depuis début 2018), 176 concernent des entreprises ou personnes en Amérique du Nord, 45 en Europe, 15 en Asie, 5 en Amérique du Sud, 3 au Moyen Orient et 2 en Afrique. Sur les 45 en Europe, seules 3 concernent la France: Alstom, Total, Alcatel.

Effectivement Alstom et Total apparaissent dans le Top 10 du montant des sanctions, sachant que celui-ci augmente régulièrement depuis ces dernières années. Toutefois il faut rappeler que le montant de l’amende est en rapport direct avec le montant estimé du chiffre d’affaires découlant de la corruption. Il est bon de le rappeler à l’heure de la Loi Sapin II et des audits de l’Agence Française Anti-Corruption.

Dit de façon triviale on paye beaucoup quand on a beaucoup corrompu.

Et l’Inde?

Les relations entre l’Inde et l’URSS puis la Russie sont anciennes. Fin 2015, la visite de Vladimir Poutine avait notamment permis d’appréhender l’ampleur de la relation particulière qui unit l’Inde et la Russie depuis 1955 et l’ère soviétique. Le Président Russe et le Premier Ministre Indien auraient ainsi conclu pas moins de 20 accords pour un montant total de 100 milliards de dollars, à l’occasion du 15ème sommet bilatéral annuel entre les deux pays.

C’est ce lien, l’Inde ayant toujours cherché à concilier ses multiples relations bilatérales avec des pays souvent opposés/adversaires, que les Etats-Unis viennent de cible en inscrivant la société d’exportation d’armement russe Rosoboronexport sur la liste de l’OFAC. La quasi totalité des exportations d’armes vers l’Inde passant par Rosoboronexport, la State Bank of India a bloqué tous les paiements à la Russie depuis le 7 Avril.

Cela représente un montant de 2 milliards de dollars gelés sur des programmes allant du sous-marin aux missiles et navires de surface. La Russie, malgré les efforts de la France et des Etats-Unis pour prendre sa place, reste le premier fournisseur d’armes de l’Inde avec 63% des importations d’après le SIPRI. L’impact de cette décision est d’autant plus grand que les deux pays négociaient la vente du système anti-aérien S-400.

Dans l’immédiat c’est les réparations du sous marin nucléaire INS Chakra, l’ex Akula K-152 Nerpa, qui sont à l’arrêt. Pour le S-400 le gouvernement indien a demandé une exemption au Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act (CAATSA). Ce contrat d’un montant estimé à 5.5 milliards de dollars est important pour l’Inde afin de renforcer sa défense anti-aérienne face à la Chine, et le Pakistan.

Dans le même temps les Etats-Unis proposent régulièrement à l’Inde de devenir partenaires stratégiques, que ce soit pour la fourniture d’armements et de réacteurs nucléaires (comme la Russie). Il s’agit aussi d’adresser la problématique de l’Océan Indien où l’Inde et les Etats-Unis, et la France, sont confrontés à l’expansion chinoise.

Un comité du Congrès Américain, le House Armed Services Committee, a même proposé de renommer le Pacific Command de l’US Navy en Indo-Pacific Command dans le cadre du vote du budget de la défense, National Defence Authorisation Act. L’Inde va devoir choisir alors qu’elle a toujours préféré des relations franches avec des pays comme l’Iran ou même la Chine, son premier partenaire commercial.

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S’il est possible de protéger ses entreprises d’actions judiciaires, présentées par certains comme ciblées et prédatrices, par la mise en place de conformité, il s’agit en effet de lutter contre des crimes et délits, il en va différemment en cas de choix entre partenaires stratégiques. Si la Russie et l’Inde ont des relations anciennes, l’Inde a une balance commerciale négative (correspondant au montant des contrats cités) avec la Russie.

Il en va de même avec la Chine, qui n’importe que pour 8.9 milliards de dollars depuis l’Inde quand elle y exporte 60.5 milliards. Au contraire l’Inde exporte pour 42 milliards de dollars vers les Etats-Unis, en importe pour 20 milliards, ce qui fait une balance commerciale très positive. La France pourrait aussi s’appuyer sur sa balance commerciale avec l’Inde (1.7 milliard) pour développer ses relations stratégiques, dans l’Océan commun.

En conclusion, s’il est clair que les Etats-Unis utilisent leurs lois comme outils concurrentiels et stratégiques, il ne s’agit pas tant de les critiquer pour cela mais plutôt de se demander pourquoi nous ne faisons pas pareil en France. A ce titre il apparaît que la loi Sapin II n’a pas de portée « extra-territoriale » alors même que des cas de corruption active par les pays cités ici sont connus et documentés.

Identifying Bribery Risk in Emerging Markets ‹ Corporate Compliance Insights

Companies are increasingly turning to emerging markets for new growth opportunities as developed markets become saturated. When we hear the term emerging markets, we typically think of the BRIC countries – Brazil, Russia, India and China – but other countries, such as South Korea, Mexico, Indonesia, Turkey, Saudi Arabia and Iran may also qualify. The economies in these countries are growing, but are not yet as large, liquid or accessible as those in more mature markets.

Source : Identifying Bribery Risk in Emerging Markets ‹ Corporate Compliance Insights

Changement du commandement indien: contre-terrorisme et renseignement

Samedi 17 Décembre, le gouvernement Indien a annoncé le nom des nouveaux grands commandants suivant: Armée de Terre, Armée de l’Air, « Intelligence Bureau » (IB: service de renseignement intérieur) et « Research & Analysis Wing » (RAX: service de renseignement extérieur). Le gouvernement a désigné le nouveau Chef d’Etat Major de l’Armée de Terre (Chief of Army Staff, COAS), en la personne du Lt General Bipin Rawat, issu de l’infanterie. Cette nomination a créé une polémique car le général Rawat, bien qu’issu du corps des Gorkha comme le général Dalbir Singh qu’il remplace, n’est pas l’officier général le plus gradé, comme le veut la « tradition ».

Le Lt General Bipin Rawat avec le chapeau spécifiquement des Gorkha.

Le Lt General Bipin Rawat avec le chapeau spécifiquement des Gorkha.

Les deux officiers généraux les plus gradés qui pouvaient prétendre au poste de COAS sont le général Baksi, issu de l’Arme Blindée Cavalerie, et le général Hariz, issu de l’Infanterie Mécanisée. La polémique semble plus avoir une origine de « guerre de chapelle » que de compétence, puisque ce n’est pas la première fois que l’officier général le plus gradé ne succède pas au COAS sortant. Le gouvernement a du précisé qu’il s’agissait d’une nomination au mérite, compte tenu de l’expérience du général Rawat, plutôt que pour toute autre raison « politique ». La sélection se fait parmi les officiers généraux ayant en charge un commandement.

"The Nusseree Battalion later known as the 1st Gurkha Rifles circa 1857"

« The Nusseree Battalion later known as the 1st Gurkha Rifles circa 1857 »

Le Lt General Bipin Rawat avait jusqu’à sa nomination la charge du commandement « Southern Army« . Outre sa carrière dans l’infanterie, des postes en états major ou à l’académie militaire de Dehradun, il a commandé une brigade multi-nationale de la MONUSCO en République Démocratique du Congo. Il a également été formé aux Etats Unis (Higher Command Course de Fort Leavenworth) et est titulaire d’un Doctorat de Philisophie de l’université de Meerut (principale base et école de l’infanterie), dans le domaine des relations entre médias et monde militaire. En 1987, il commandait un bataillon qui a combattu l’armée Chinoise.

Soldats Indiens capturés par l'Armée Chinoise durant la guerre de 1962

Soldats Indiens capturés par l’Armée Chinoise durant la guerre de 1962

Enfin en Juin 2015, après la mort dans une embuscade de 18 soldats indiens par des insurgés Naga dans l’état du Manipur bordant le Myanmar, il dirigea une opération de représailles contre ces militants au delà de la frontière, menée par le « 21st Para » (forces spéciales) du IIIème Corps d’Armée qu’il commandait alors. Cet épisode a peut être joué dans sa nomination tant le gouvernement a souligné que dans la situation actuelle, le contre-terrorisme et la contre-insurrection étaient des sujets prioritaires. Le Général Rawat a également eu un commandement, à la tête de la 19ème Division, dans la région frontalière Inde-Pakistan-Chine du Jammu et Cachemire (J&K).

Carte de la région du Jammu et Cachemire - la frontière du Nord Ouest

Carte de la région du Jammu et Cachemire – la frontière du Nord Ouest

Le renseignement dans cette situation est essentiel. Les nouveaux chefs des deux principaux services sont Rajiv Jain pour l’IB et Anil Dhasmana pour le RAW, pour une une durée de deux ans. Jain, qui était déjà « special director » est un policier entré à l’IB en 1989, spécialiste des mouvements islamistes. Dhasmana est également un policier qui a passé 23 ans au sein du service extérieur où il s’occupait en particulier du « desk » Pakistan. Les deux étaient déjà prévus pour prendre la place des directeurs sortants, au titre de leur ancienneté dans les services, avec une expérience sur le Pakistan (dont le Balochistan) mais aussi sur la région du J&K et l’Afghanistan.

Anil Kumar Dhasmana (L), a 1981-batch IPS officer, will head the R&AW. Rajiv Jain (R), a 1980-batch Jharkhand cadre IPS officer, is the new IB chief.

Anil Kumar Dhasmana (L), a 1981-batch IPS officer, will head the R&AW. Rajiv Jain (R), a 1980-batch Jharkhand cadre IPS officer, is the new IB chief.

L’IB a été créé en 1947 lors de l’indépendance de l’Inde, à partir du « Central Intelligence Bureau » existant sous l’ère britannique, au sein du ministère de l’intérieur. En 1885, un premier département du renseignement intérieur, en charge de la surveillance de la frontière du Nord Ouest, avait été créé au sein de l’armée des Indes. Puis en 1909, un « Indian Political Intelligence Office » fut créé pour surveiller les mouvements « révolutionnaires » indiens, renommé « Indian Political Intelligence » en 1921.  Fort de 25000 personnes, il est en charge de la sécurité intérieure, de la surveillance des mouvements extrémistes et terroristes, ainsi que du contre espionnage.

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Le RAW a été créé en 1968 à partir de l’IB suite à l’échec de celui ci pour prévenir l’attaque de la Chine en 1962, et la guerre contre le Pakistan en 1965. Il devint alors logique de créé un organisme indépendant dédié au renseignement extérieur (Chine, Pakistan, Bangladesh, Afghanistan, Sri Lanka), au contre terrorisme, et opérations visant à défendre les intérêts stratégiques de l’Inde, dont le renseignement économique. Le RAW participe également à la sécurité du programme nucléaire. Il dépend directement du Premier Ministre. Il dispose enfin d’une branche d’action clandestine, dont le Pakistan dénonce régulièrement les opérations sur son territoire.

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Les autres services de renseignement indiens sont: la « Defence Intelligence Agency » (service militaire avec plusieurs branches); le « Signals Intelligence Directorate » (service militaire dédié aux interceptions); plusieurs services dédiés aux affaires financières et fiscales; et enfin une « National Technical Research Organisation » dépendant du « National Security Advisor » sous les ordres du Premier Ministre, également en charge des interceptions. Le « Cabinet Secretariat » du Premier Ministre dispose enfin d’un « Joint Intelligence Committee » (JIC) pour coordonner les actions et exploiter les renseignements issus des différents services.

Principaux organismes de renseignement indiens

Principaux organismes de renseignement indiens

Avec la création du « National Security Council » (NSC) en 1999, le rôle du JIC fut réduit et certaines de ses tâches fusionnées avec le NSC. A noter que le RAW, qui n’est pas à proprement parler une agence mais une « aile » (wing) du « Cabinet Secretariat« , n’a pas à répondre aux demandes du parlement. Si ces services sont parfois critiqués pour leur efficacité (comme lors des attentats de Bombay en 2008), ou connaissent des crises internes voire des défections, ils ont un rôle central dans la lutte contre les mouvements terroristes « internes » (Naga et Naxals) ou « externes » (Al Qaeda et Etat Islamique) sur le territoire indien ou à l’étranger.

Inde: la frontière du Nord Ouest, la question de l’Afghanistan

Jusqu’à la partition en 1947, l’indépendance de l’Inde et du Pakistan, la frontière Nord Ouest de l’Inde était l’Afghanistan, tampon entre l’Empire Britannique et l’Union Soviétique. Mais avant l’URSS, l’Inde était régulièrement menacée par le biais des voies dont les plus connues sont la Khyber Pass et la Bolan Pass. En 1849 la région fut mise sous le contrôle de la East India Company puis directement par la couronne Britannique. De 1849 à 1947 cette zone connut de multiples expéditions punitives contre les tribus Pachtoune ou les Sikhs avec trois épisodes majeurs appelés Guerres Indo-Afghanes (1838-1848, 1878-1898, 1919).

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Ces guerres servirent de creuset à l’armée des Indes, troupes anglaises envoyées d’Angleterre et troupes indiennes levées sur place dans les états princiers. De nombreux officiers britanniques connus firent leurs armes, comme Winston Churchill. Des auteurs comme Arthur Conan Doyle ou Rudyard Kipling évoquent cette région dans leurs œuvres (L’Homme qui voulut être Roi). Entre ces guerres « locales » et les guerres mondiales, l’armée des Indes se consacre à la surveillance de la région, face à l’Empire Russe puis face à l’Union Soviétique. Après la partition, le Cachemire va devenir le point de cristallisation des affrontements Inde-Pakistan.

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Aujourd’hui, bien que l’Inde n’ait plus de frontière commune avec l’Afghanistan, elle en reste proche de part le rôle du pays dans l’échiquier régional. L’Inde fut le seul pays d’Asie du Sud à reconnaître la République Démocratique Afghane, soutenue par l’URSS, pendant les années 80. Les relations entre les deux pays furent réduites pendant les années 90 et la domination des Talibans. L’Inde fut à nouveau le principal pays d’Asie du Sud à aider sur un plan humanitaire, et pour sa reconstruction, l’Afghanistan dans les années 2000. Elle joua un modeste rôle militaire contre les Talibans par une base aérienne au Tadjikistan (Ayni).

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Son objectif est de contourner le Pakistan pour avoir accès aux ressources énergétiques d’Asie Centrale, et en développant des axes de communication (route et rail), par l’Iran pour avoir un autre accès à l’Océan Indien. Le financement du port de Chabahar semble contrer l’influence de la Chine chez son ennemi héréditaire, symbolisée par le port de Gwadar (qui n’a pourtant pas encore servi à la marine chinoise). Le Pakistan accuse les services de renseignement indien, le Research & Analysis Wing, de mener des opérations clandestines sur son territoire à partir de l’Afghanistan.

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Après avoir déjà fourni des hélicoptères de combat russes Mi-25 à l’Afghanistan, et formés ses officiers supérieurs, l’Inde semble vouloir développer cette aide militaire, en coordination avec la Russie. Il s’agirait dans un premier d’aider l’armée de l’air afghane à remettre en état, puis assurer le soutien, de 40 à 50 hélicoptères ainsi que des avions de transport. Bien qu’en lien avec la Russie, cette aide fait suite au mécanisme mis en place lors du retrait des troupes de l’OTAN en 2014. Ce développement fait suite à la rencontre du Président Afghan Ghani et du Premier Ministre Modi en Inde en Septembre.

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Il s’agit non seulement de contrer la Chine et le Pakistan, mais aussi de développer des relations régionales tout en tenant compte du retour des Talibans en Afghanistan et de la montée de l’Etat Islamique dans la région. Si l’Inde n’est pas encore directement atteinte par l’EI bien que l’organisation semble y être présente, elle se doit d’être attentive à ce phénomène (Combattre l’Etat Islamique, Singh Memheld, RDN N°779, Avril 2015). Et ce d’autant plus que l’EI a revendiqué un attentat à Kaboul le 21 Novembre contre une mosquée chiite. Le gouvernement Ghani, soutenu entre autres par l’Inde, devrait désormais négocier avec les Talibans face à l’EI.

ISIS strikes again in Kabul

L’Inde doit, historiquement et actuellement, composer avec de multiples acteurs pour défendre ses intérêts en Afghanistan, que ce soit sur le plan économique, politique, militaire et sécuritaire.

Pakistan Will Provide ‘Special Force’ to Defend Chinese Investments

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Islamabad will provide 10,000 troops just to ensure the safety of Chinese citizens and companies along the CPEC.

Make in India and the Expanding Scope for India-Japan Defence Cooperation

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India’s Act East policy and Prime Minister Modi’s Make in India drive coincide with the shifts in the Japanese post-war security policy and the April 2014 e