Inde: la frontière du Nord Ouest, la question de l’Afghanistan

Jusqu’à la partition en 1947, l’indépendance de l’Inde et du Pakistan, la frontière Nord Ouest de l’Inde était l’Afghanistan, tampon entre l’Empire Britannique et l’Union Soviétique. Mais avant l’URSS, l’Inde était régulièrement menacée par le biais des voies dont les plus connues sont la Khyber Pass et la Bolan Pass. En 1849 la région fut mise sous le contrôle de la East India Company puis directement par la couronne Britannique. De 1849 à 1947 cette zone connut de multiples expéditions punitives contre les tribus Pachtoune ou les Sikhs avec trois épisodes majeurs appelés Guerres Indo-Afghanes (1838-1848, 1878-1898, 1919).

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Ces guerres servirent de creuset à l’armée des Indes, troupes anglaises envoyées d’Angleterre et troupes indiennes levées sur place dans les états princiers. De nombreux officiers britanniques connus firent leurs armes, comme Winston Churchill. Des auteurs comme Arthur Conan Doyle ou Rudyard Kipling évoquent cette région dans leurs œuvres (L’Homme qui voulut être Roi). Entre ces guerres « locales » et les guerres mondiales, l’armée des Indes se consacre à la surveillance de la région, face à l’Empire Russe puis face à l’Union Soviétique. Après la partition, le Cachemire va devenir le point de cristallisation des affrontements Inde-Pakistan.

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Aujourd’hui, bien que l’Inde n’ait plus de frontière commune avec l’Afghanistan, elle en reste proche de part le rôle du pays dans l’échiquier régional. L’Inde fut le seul pays d’Asie du Sud à reconnaître la République Démocratique Afghane, soutenue par l’URSS, pendant les années 80. Les relations entre les deux pays furent réduites pendant les années 90 et la domination des Talibans. L’Inde fut à nouveau le principal pays d’Asie du Sud à aider sur un plan humanitaire, et pour sa reconstruction, l’Afghanistan dans les années 2000. Elle joua un modeste rôle militaire contre les Talibans par une base aérienne au Tadjikistan (Ayni).

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Son objectif est de contourner le Pakistan pour avoir accès aux ressources énergétiques d’Asie Centrale, et en développant des axes de communication (route et rail), par l’Iran pour avoir un autre accès à l’Océan Indien. Le financement du port de Chabahar semble contrer l’influence de la Chine chez son ennemi héréditaire, symbolisée par le port de Gwadar (qui n’a pourtant pas encore servi à la marine chinoise). Le Pakistan accuse les services de renseignement indien, le Research & Analysis Wing, de mener des opérations clandestines sur son territoire à partir de l’Afghanistan.

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Après avoir déjà fourni des hélicoptères de combat russes Mi-25 à l’Afghanistan, et formés ses officiers supérieurs, l’Inde semble vouloir développer cette aide militaire, en coordination avec la Russie. Il s’agirait dans un premier d’aider l’armée de l’air afghane à remettre en état, puis assurer le soutien, de 40 à 50 hélicoptères ainsi que des avions de transport. Bien qu’en lien avec la Russie, cette aide fait suite au mécanisme mis en place lors du retrait des troupes de l’OTAN en 2014. Ce développement fait suite à la rencontre du Président Afghan Ghani et du Premier Ministre Modi en Inde en Septembre.

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Il s’agit non seulement de contrer la Chine et le Pakistan, mais aussi de développer des relations régionales tout en tenant compte du retour des Talibans en Afghanistan et de la montée de l’Etat Islamique dans la région. Si l’Inde n’est pas encore directement atteinte par l’EI bien que l’organisation semble y être présente, elle se doit d’être attentive à ce phénomène (Combattre l’Etat Islamique, Singh Memheld, RDN N°779, Avril 2015). Et ce d’autant plus que l’EI a revendiqué un attentat à Kaboul le 21 Novembre contre une mosquée chiite. Le gouvernement Ghani, soutenu entre autres par l’Inde, devrait désormais négocier avec les Talibans face à l’EI.

ISIS strikes again in Kabul

L’Inde doit, historiquement et actuellement, composer avec de multiples acteurs pour défendre ses intérêts en Afghanistan, que ce soit sur le plan économique, politique, militaire et sécuritaire.

Cuba – Inde: des relations anciennes et affirmées

Le leader de la révolution cubaine, et ancien président, Fidel Castro vient de mourir à 90 ans, après plus d’un demi siècle de mainmise sur Cuba.

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L’Inde a été un des premiers pays à reconnaître Cuba après la révolution de 1959 et son arrivée au pouvoir. Mais la première visite officielle d’un dirigeant cubain fût celle d’Ernesto Che Guevaria à New Delhi avec le Premier Ministre indien Jawaharlal Nehru. En retour Nehru rencontra Castro à New York.

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Rajiv Gandhi en 1985 et Manmihan Singh en 2006 visitèrent Cuba, ainsi que d’autres officiels indiens. Castro se rendu deux fois en Inde en 1973 et 1983. L’Inde et Cuba ont signé des accords bilatéraux dans le commerce, la culture, les sciences, l’énergie ou les sports. Toutefois ces échanges sont modestes avec par exemple en moyenne seulement 30 à 40 millions de dollars par an de marchandises. L’Inde apporta plusieurs fois son aide à Cuba sous forme de denrées alimentaires pendant les crises que connût le pays.

New Delhi, Delhi, India --- Original caption: NEW DELHI: Fidel Castro is met by Indira Gandhi on his arrival at airport. --- Image by © Bettmann/CORBIS

Les principales relations entre les deux pays sont sur le plan politique, l’Inde et Cuba faisant partie du « Non Aligned Movement ». Les deux pays ayant également souvent eu des positions proches à l’ONU ou à l’OMC. L’Inde supporta plusieurs résolutions à l’ONU pour la levée des sanctions américaines contre Cuba. En retour Cuba défendait la position de l’Inde pour l’élargissement du Conseil de Sécurité de l’ONU et la « démocratisation » de l’organisation. Cuba militait aussi pour l’inclusion de l’Inde dans le Conseil de Sécurité.

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La culture indienne est appréciée à Cuba par le Yoga et la méditation avec des adeptes de Shri Shri Ravi Shankar. Un festival fut même organisé à Cuba en 2013 à l’occasion de la visite du Vice Président indien. Les sports sont un autre domaine de coopération, les sports de combat indiens sont enseignés et des coach cubains aidant les athlètes indiens pour des olympiades. La diaspora indienne à Cuba est modeste, constituée de sœurs missionnaires indiennes, d’officiels indiens établis sur place et d’émigrés en provenance de la Jamaïque.

Social Network Analysis of Organized Crime Groups (OCGs) and Terrorist Organizations (TOs) Between Europe and South America

Intelligence Observer

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Roland Blatnik

20 November 2016

Through Social Network Analysis (SNA) Linkages to Reduce Terrorism and Organized Crime is Likely

Executive Summary:

Through the study of Organized Crime Groups (OCGs) and Terrorist Organizations (TOs) in Social Network Analysis (SNA), it is likely to create openings for the elimination, weakening, or isolation of these groups by manipulating their linkages to other organizations. The support for this SNA study is on the motivations, operating methods, and resources required to sustain growth for both OCGs and TOs. Leading in this SNA, and the focus of this paper, is the ‘Ndrangheta (an Italian Mafia group) for the OCGs due to the adjusted centrality scores. Meanwhile Hezbollah’s brief discussion is due to its unadjusted centrality scores, even though it is a major group to target as well. All this is to develop a means of visualizing the social networks between South America and Europe, in order…

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