La France sous influence russe ou le concept de souveraineté à la carte

Depuis le début de la guerre civile en Ukraine, il a été constaté dans les médias français, de façon assez récurrente en quantité et prononcé en gravité, un haro sur les russes dont on ne prit à peine soin de distinguer les autorités du peuple. Peuple qui il est vrai reste particulièrement attaché à son dirigeant, ce qui est souvent mis au crédit d’une immaturité dudit électorat qui serait damné, comprendre abonné ad vitam aeternam à la tyrannie. Un raccourci qui confine souvent au mépris et à la méconnaissance de la réalité historique et contemporaine de la civilisation russe.

via La France sous influence russe ou le concept de souveraineté à la carte.

L’Inde au pays du matin calme

India's Prime Minister Narendra Modi and South Korea's President Park Geun-hye - AFP Photo

La participation de l’Inde à la guerre de Corée en 1950 ne fut pas la plus importante parmi les 16 pays impliqués dans le conflit, mais elle fut significative à deux niveaux. Tout d’abord, il s’agissait de la première mission mais de loin pas de la dernière de la toute jeune armée Indienne sous le drapeau des Nations Unis. Ensuite, cette implication même modeste, créa une relation particulière entre la Corée du Sud et l’Inde. Cette relation vient de se renouveler avec la visite du Premier Ministre Modi à Séoul du 18 au 19 Mai[i].

Le 20 Novembre 1950, la 60th Parachute Field Ambulance, faisant partie de la 50th Parachute Brigade de l’Indian Army, débarquait à Pusan pour être déployée à Pyongyang avant d’être divisée en deux sous unités[ii]. Le Forward Element devait y servir au côté de la 27th British Brigade et l’Administrative Element fût déployé à Daegu pour aider les populations locales, traiter les prisonniers nord-coréens aux côtés de l’hôpital militaire sud-coréen. Forte au maximum de 627 personnels, l’unité devait participer à plusieurs opérations jusqu’en Août 1953.

A la signature de l’armistice en Juillet 1953, les pays membres de la Neutral Nations Repartiation Commission (NNRC : Tchécoslovaquie, Pologne, Suède, Suisse et Inde) choisirent l’Inde pour diriger la NNRC et superviser l’échange de prisonniers de guerre. L’Inde déploya près de 6000 personnels, dans la Custodian Forces-India (CFI), incluant les personnels de la 60th Parachute Field Ambulance : cette force prit en charge 25000 prisonniers et gagna le respect des pays impliqués, à commencer par la Corée du Sud.

Malgré cette implication, des relations diplomatiques ne furent établies entre l’Inde et la Corée du Sud qu’en 1973. L’Inde faisant partie des pays non alignés, étant proche de la Russie, et ayant une relation compliquée avec la Chine, des divergences politiques rendirent ce rapprochement long. Mais depuis quelques années, des intérêts économiques et stratégiques partagés ont contribué à accélérer ce rapprochement. Ces relations, dont des coopérations militaires[iii], ont pris la forme de visites officielles, au moment de dates clefs, et de partenariats ou investissements industriels.

Le Président Coréen Lee Myung-bakin fut l’invité d’honneur du Republic Day indien en 2010 et le rôle de l’Inde fut souligné lors des célébrations du 60ème anniversaire de la guerre de Corée. Des visites de ministres, dont ceux de la défense, de conseillers nationaux à la défense, de chefs d’état-major ont eu lieu depuis 2010. En Janvier 2014, la Présidente coréenne Park GeunHye s’est rendue en visite d’état en Inde. Des exercices militaires communs, entre les marines des deux pays par exemple, ponctuent désormais la coopération stratégique.

La Corée du Sud, malgré son éloignement et sa proximité stratégique avec les Etats Unis, fait partie intégrante de la Look East Policy indienne. L’Inde cherche à attirer les investissements coréens pour développer son industrie, par exemple dans les secteurs métallurgique ou portuaire[iv]. D’autres coopérations existent dans les domaines spatial et informatique. Comme pour les pays d’Asie du Sud Est et de l’ASEAN, il s’agit de contrer l’expansion économique et territoriale de la Chine. Mais il s’agit de la politique de l’Inde, pas seulement d’une volonté américaine.

La multiplication de visite d’officiels indiens a pour objectif de renforcer le rôle de l’Inde dans les organisations internationales ou régionales[v], un de ses buts étant d’obtenir un siège permanent au Conseil de Sécurité des Nations Unies. Si l’Asie du Sud Est compte, l’Océan Indien, et même l’Afrique, où elle investirait désormais plus que la Chine, sont également à l’agenda du gouvernement Modi. Les relations avec le Japon qui réagit fermement, en se réarmant, face aux agissements de la Chine, connaissent également un renforcement.

Au demeurant, la récente visite de Narendra Modi en Chine montre bien que les deux pays tentent de trouver des terrains d’ententes dans le domaine économique et même sur la question sensible des frontières[vi]. La Chine a annoncé plus de 40 milliards d’investissements en Inde entre la visite de XI Jinping en 2014 et celle de Modi. Et de la même manière que l’Inde et la Chine entretiennent des relations économiques, tout en s’opposant militairement, l’Inde entretient des relations, certes limitées mais durables, avec la Corée du Nord.

Références
i « In South Korea, PM Narendra Modi says now it’s time to ‘Act East' », http://www.hindustantimes.com/india-news/pm-modi-arrives-in-south-korea-to-enthusiastic-welcome/article1-1348274.aspx
ii Parachute Regiment of India, http://en.wikipedia.org/wiki/Parachute_Regiment_(India)
iii India-ROK Defence Relations, http://www.indembassy.or.kr/pages.php?id=64
iv « India-South Korea Relations: A New Beginning », http://www.idsa.in/idsacomments/IndiaSouthKoreaRelations_pbaruah_290114.html
v « L’Inde, acteur diplomatique central ? », http://www.anaj-ihedn.org/cca-10/
vi « 7 reasons why Modi’s visit to China was different », http://www.rediff.com/news/column/modi-in-china-7-reasons-why-modis-visit-to-china-was-different/20150518.htm

L’Inde, acteur diplomatique central ?

Si l’on s’en tient au nombre important de visites de chefs d’états et de ministres étrangers en Inde ou d’officiels indiens dans les pays d’Asie, d’Afrique, du Moyen Orient, d’Europe et des Etats Unis, on pourrait en déduire que l’Inde est devenu un acteur diplomatique central. La visite, mi décembre, de Vladimir Poutine a notamment permis d’appréhender l’ampleur de la relation particulière qui unit l’Inde et la Russie depuis 1955 et l’ère soviétique. Le Président Russe et le Premier Ministre Indien auraient ainsi conclu pas moins de 20 accords pour un montant total de 100 milliards de dollars, à l’occasion du 15ème sommet bilatéral annuel entre les deux pays. L’Inde a par ailleurs renforcé ses relations stratégiques et économiques avec l’Australie, le Vietnam, les Philippines, l’Indonésie, la Malaisie, le Japon, la Corée ou l’Iran. L’Inde va également accueillir en 2015 un nouveau sommet Inde-Afrique, continent avec lequel elle a des liens économiques et historiques de par sa diaspora implantée sur le continent africain.

Article publié dans les Cahiers du Comité Asie de l’ANAJ-IHEDN – Mai 2015

Le CCA-10 peut être téléchargé ici.

Airbus, Kamov, BAE: tous « Make in India »?

Le “Defence Acquisition Committee” du Ministère de la Défense Indien a approuvé le 14 Mai plusieurs contrats importants[i]. L’Inde va ainsi acquérir 56 avions de transports Airbus C-295, 200 hélicoptères légers Kamov KA-226 et 145 canons tractés BAE M-777, pour un total de 3.4 milliards de dollars[ii]. On peut d’une part noter la variété des fournisseurs, Europe – Russie – Etats Unis, afin de développer avec chacun des liens militaires et diplomatiques pour diversifier les appuis politiques de l’Inde à l’international. Mais, d’autre part, le facteur essentiel de ces contrats est qu’ils incluent tous un partenaire indien correspondant à la stratégie clef du « Make in India ». BAE doit choisir parmi plusieurs partenaires potentiels, Mahindra, Larsen & Toubro, ou Tata, pour la fabrication de ses canons d’une valeur de 700 millions de dollars[iii]. Airbus construira ses appareils dans une Joint Venture en commun avec Tata pour un total de 2 milliards de dollars[iv]. Enfin Kamov coopérera avec Hindustan Aeronautics pour remplacer les Cheetah et Chetak[v]. Ces contrats vont participer au développement de la Base Industrielle et Technologique de Défense indienne (BITD)[vi]. L’objectif est comme toujours, grâce à l’attractivité du marché indien de la défense (7ème budget mondial), d’acquérir technologies et savoirs faire. Il ne s’agit plus seulement pour les industriels de participer aux contrats comme fournisseurs mais de construire eux-mêmes les équipements/appareils avec l’aide des industriels étrangers. Il s’agit pour la BITD indienne de devenir autonome voire exportatrice. BAE investira 200 millions de dollars, au titre des offsets partie intégrante de tout contrat de défense, ce qui profitera à près de 40 entreprises en Inde en charge d’assembler les canons et de fournir pièces, munitions et maintenance. Ce contrat prévoit la possibilité pour l’Inde d’exporter des canons fabriqués en Inde vers des marchés comme l’Afrique du Sud, l’Amérique du Sud ou le Moyen Orient[vii]. Cette volonté de l’Inde d’exporter des équipements de défense, autre axe de développement, devra être intégrée dans la future stratégie de ses fournisseurs. Airbus va devoir trouver 50% de « compensations » en Inde ce qui pourrait poser problème car il n’y a pas aujourd’hui de capacités de production d’avions de ce type localement[viii]. Comme dans le cas du contrat Rafale, 16 appareils C-295 devront être livrés en condition de vol, 16 en kits progressivement construits en Inde, et enfin les 24 derniers appareils seraient entièrement construits sur place dans un délai total de 10 ans. De même que pour les canons BAE, le partenaire local pourra exporter lui-même des appareils sur le marché international. Enfin le choix du Kamov 226 a un double objectif : d’une part fournir aux armées indiennes des hélicoptères de transport légers et d’autre part renouveler le partenariat avec la Russie[ix]. Comme le Président Pranab Mukherjee l’a réaffirmé lors de sa visite à Moscou, la Russie est un partenaire fiable sur lequel l’Inde a toujours pu compter. Mais la nécessaire diversification de ses fournisseurs/partenaires a conduit l’Inde à acheter, par exemple, des appareils de transport C130 américains en lieu et place des IL76 russes. L’Inde cherche à maximiser tant ses relations internationales que son développement industriel. Derrière ces contrats, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un programme de modernisation de ses armements, y compris dans le domaine naval et nucléaire, pour faire face aux menaces régionales et reprendre pied dans « son » océan[x]. Mais alors même que c’est l’expansionnisme chinois qui justifie en grand partie ce réarmement, le Premier Ministre Modi était en Chine la semaine dernière pour développer les relations économiques des deux pays. Le « Make in India » est le leitmotiv de Modi depuis sa campagne électorale comme axe majeur du développement économique. On vient de le voir, en matière de défense, il est au cœur de tous les contrats, de même que les offsets et les transferts de technologies. Mais il n’est pas exempt de critiques tant pour l’instant les cas concrets de cette politique sont encore rares[xi]. Cependant, au moment même où les équipes de Dassault sont en Inde pour finaliser l’achat des 36 Rafale, il semble improbable que ce processus d’industrialisation ne joue pas également de rôle dans ce contrat[xii]. Références i Si les contrats sont approuvés ils ne sont pas encore signés, au titre de la procédure d’acquisition, mais créént parfois la confusion car les termes précis, et conditions définitives, de chaque contrat sont encore à finaliser. ii « Make in India: Defence ministry okays $3.4 billion deals », http://articles.economictimes.indiatimes.com/2015-05-14/news/62165790_1_indian-army-indian-air-force-bae iii « M777 howitzer project: BAE to select Indian partner in 2 months », http://economictimes.indiatimes.com/articleshow/47303363.cms iv « Government nod to Rs 11,930 crore Airbus-TATA consortium bid to replace Avro fleet », http://articles.economictimes.indiatimes.com/2015-05-13/news/62124376_1_airbus-tata-consortium-avro-defence-acquisition-council v « HAL front-runner for being India partner for Kamov choppers », http://www.business-standard.com/article/pti-stories/hal-front-runner-for-being-india-partner-for-kamov-choppers-115051401310_1.html vi « BITD indienne : vers les stratégies du «Make in India» and «Export India» », http://www.iris-france.org/la-bitd-indienne-vers-les-strategies-du-make-in-india-and-export-india/ vii « BAE offers to make M777 gun in India », http://www.defproac.com/?p=2213 viii « India Approves Airbus-Tata Bid To Supply 56 C-295s », http://www.ainonline.com/aviation-news/defense/2015-05-15/india-approves-airbus-tata-bid-supply-56-c-295s ix « India to buy Russian helicopters in major deal », http://in.rbth.com/economics/2015/05/15/india_to_buy_russian_helicopters_in_major_deal_43119.html x « L’Inde et son océan », http://www.iris-france.org/linde-et-son-ocean/ xi « Defence Manufacturing and “Make in India” – What will it take ? », http://www.niticentral.com/2015/05/17/arms-mafia-strikes-313630.html xii « Le Rafale « Make in India » ? », http://exmergere.info/2015/05/06/le-rafale-make-in-india/

Le Rafale « Make in India » ?

Le Ministre de la Défense, Jean Yves Le Drian, est en Inde aujourd’hui pour entamer les discussions nécessaires à la signature du contrat d’achat des 36 Rafale annoncé par le Premier Ministre Indien lors de sa visite d’état en Avril[i]. S’il n’est pas pensable que Narendra Modi revienne sur son annonce officielle, un certain flou règne encore sur le « comment » du futur contrat. Le « pourquoi » est évident, tant l’Armée de l’Air Indienne (IAF) a un besoin avéré de remplacer certains de ses 700 chasseurs vieillissants.

Lors de son annonce, Narendra Modi avait dit vouloir commander 36 appareils prêts à voler sans autre détail, ce qui a donné lieu à de multiples interprétations. La visite de Jean Yves Le Drian est là pour éclaircir certains points. Ainsi, on avait pu comprendre que les avions seraient exclusivement construits en France sur les lignes de Dassault. Si cela avait du se confirmer, cela aurait été une sorte d’échec de la politique du « Make in India » de Modi[ii]. Mais la confusion vient de la nature même des négociations précédentes.

Le MMRCA n’était pas un contrat mais un appel d’offres[iii], un processus de sélection à l’issue duquel Dassault était entré en discussion exclusive avec le Ministère de la Défense Indien pour négocier un contrat qui aurait comporté des transferts de technologies et des offsets. Les différents points de blocage industriels et financiers, des deux parties en présence, ont amené les responsables indiens à annuler ce processus pour passer en discussion d’état à état. Loin d’être un échec, il s’agit d’un retour du politique dans ce type de contrats.

Il était en effet apparu que Hindustan Aeronautics Ltd (HAL), bien que société d’état en charge de programmes aéronautique et de défense, n’avait pas la capacité industrielle de mener à bien la construction de 108 Rafale en Inde[iv], même avec l’accompagnement de Dassault. De son côté, Dassault ne pouvait légitimement pas prendre le risque financier d’avoir seule la responsabilité complète de la construction en Inde. Le besoin opérationnel étant pressant, les responsables indiens ont privilégié une « sortie par le haut ».

En discutant d’état à état, l’Inde achète non seulement un avion, dont elle a besoin et qui correspond à ses besoins, mais également le renforcement de sa relation politique avec la France, partenaire historique dans le domaine aéronautique/défense. Les relations économiques et diplomatiques franco-indienne vont bien au-delà de la défense[v] : transports, énergies, environnement, océan indien, nucléaire. Certains de ces intérêts communs ont fait l’objet d’annonces spécifiques lors de la visite d’état, mais un peu reléguées au second plan par le Rafale[vi].

Pour en revenir au futur contrat, le Ministre de la Défense Indien, Manohar Parrikar, a indiqué que la livraison des 36 Rafale devra se faire le plus rapidement possible et selon le besoin opérationnel de l’IAF[vii]. Seulement, cela ne précise toujours pas les modalités précises du contrat à venir, qui permet en prime de lisser sur plusieurs années fiscales le coût d’acquisitions éventuelles d’autres Rafale. En effet, l’IAF devra dans les années à venir remplacer près de 300 de ses appareils de chasse, pour ne parler que de cette catégorie.

36 Rafale ne sont donc pas suffisants pour remplir ce besoin, et cela a été souligné par plusieurs analystes de défense indiens, même si l’on considère le chiffre initial de 126 appareils. Cette incertitude face à un besoin connu laisse espérer aux concurrents du Rafale qu’ils pourront également fournir des appareils à l’IAF. La partie française cherche à éclaircir les différents aspects de la 1ère tranche, et ce d’autant plus que les commandes fermes de l’Egypte et du Qatar sont venues modifier le planning de l’usine de Mérignac.

Ces contraintes de production et l’affirmation de la politique de « Make in India », permettent d’envisager une hypothèse quant à l’organisation de la production du Rafale. La procédure d’acquisition du ministère de la défense indien[viii] impose des offsets, c’est-à-dire l’achat en local de 30 à 50% de la valeur totale du contrat. La création d’une Joint Venture avec un acteur indien de la défense est désormais évoquée[ix]. Plusieurs sociétés sont citées : Tata Advanced Systems Limited, Dynamatics, Taneja Aerospace, L&T et Reliance Defence Systems[x].

Le partenaire principale des négociations du MMRCA, HAL, est également évoqué[xi]. L’hypothèse qui apparaît désormais est non seulement la création d’une JV avec un ou plusieurs industriels indiens, pour satisfaire aux obligations d’offsets et respecter la politique du «Make in India », mais surtout la création dans ce cadre d’une chaîne de montage de Rafale en Inde, augmentant de fait les capacités de production de Dassault. Le client indien recevrait ainsi ses appareils dans les délais qu’il réclame et cela pourrait avoir également un impact sur les livraisons des autres clients existants.

En plus de l’Egypte et du Qatar, le PDG de Dassault Aviation, Eric Trappier, estime que d’autres contrats pourraient être signés en 2015. Même en augmentant les cadences de l’usine de Mérignac, les différentes livraisons pourraient prendre plus de temps que souhaitées par les clients. Cela ne remettrait pas en cause la filière industrielle française, développerait des capacités communes avec un client envisageant l’acquisition d’autres appareils. Dans cette hypothèse, des transferts de technologies devraient être réalisés, surtout si une partie des 36 appareils est fabriquée sur place.

L’Inde ne serait plus alors seulement un client, ni même un pays aux intérêts partagés, mais un partenaire stratégique sur les plans économiques et diplomatiques. Mais il ne faut pas oublier que l’Inde cherche à avoir cette même approche pour ses autres besoins en matière de défense : sous-marins, appareils de reconnaissance, bâtiments de surface, missiles. Si l’Inde produit ses propres futures Rafale, voir si elle en exporte par une JV avec Dassault, allons-nous vers un rapprochement profond de la France et de l’Inde dans le contexte particulier de l’Asie du Sud-Est ?

Références
i « India, France to discuss Rafale deal this week », http://timesofindia.indiatimes.com/india/India-France-to-discuss-Rafale-deal-this-week/articleshow/47156516.cms
ii Dont le principe a été à nouveau affirmé dans le secteur de la défense lors d’une cérémonie pour l’entrée en service actif du missile Akash de Bharat Dynamics Ltd. « Make in India Made Easy: Opportunities and Challenges in Defence Sector, by AIMT », http://www.indiandefencereview.com/news/make-in-india-made-easy-opportunities-and-challenges-in-defence-sector-by-aimt/
iii « Le Rafale s’envole pour l’Inde, mais sans le MMRCA ? », http://www.iris-france.org/le-rafale-senvole-pour-linde-mais-sans-le-mmrca/
iv De l’aveu même de l’un de ses dirigeants qui avait indiqué que sa société n’avait pas commencé à se préparer à produire le Rafale!
v Dassault est un partenaire ancien de l’Inde, tout comme MBDA, Thalès et même Airbus
vi « List of agreements signed between India and France », http://ibnlive.in.com/news/list-of-agreements-signed-between-india-and-france/539126-3.html
vii « Rafale delivery in accordance with IAF’s operational needs: Parrikar », http://indianexpress.com/article/india/india-others/rafale-delivery-in-accordance-with-iafs-operational-needs-parrikar/
viii Defense Procurement Policy : Defence procurement procedure & manual, http://india.gov.in/defence-procurement-procedure-manual
ix « Make in India: France’s Dassault hunts for Indian partners to build Rafale aircraft », http://economictimes.indiatimes.com/news/defence/make-in-india-frances-dassault-hunts-for-indian-partners-to-build-rafale-aircraft/articleshow/47155153.cms
x Sur la BITD indienne : « BITD indienne : vers les stratégies du «Make in India» and «Export India» », http://www.iris-france.org/la-bitd-indienne-vers-les-strategies-du-make-in-india-and-export-india/
xi « Rafale deal: France’s Dassault Aviation likely to enter into JV with Indian firm », http://economictimes.indiatimes.com/articleshow/47138422.cms?utm_source=contentofinterest&utm_medium=text&utm_campaign=cppst

Le Rafale s’envole pour l’Inde, mais sans le MMRCA ?

Le Premier ministre indien, en visite d’État en France, a mis fin au suspens concernant la vente du Rafale à l’Inde. Il a créé la surprise en annonçant l’achat de trente-six Rafale disponibles dès que possible pour moderniser la flotte vieillissante de l’Armée de l’Air Indienne (IAF). Après avoir initialement laissé entendre que les négociations en cours se poursuivraient, le ministre de la Défense indien, Manohar Parrikar a lui laissé entendre lundi 13 avril que les futurs achats se feraient dans le cadre d’un accord de gouvernement à gouvernement [1]. Cela signifierait un arrêt de l’appel d’offres « Medium Multi-Role Combat Aircraft » (MMRCA) qui connaitrait là son dernier rebondissement [2]. Resterait l’inconnue du chiffre final de la commande tant on est loin pour l’instant des cent vingt-six appareils prévus initialement. Car au-delà du besoin opérationnel, et du poids politique d’un tel contrat, l’autre dimension prioritaire pour l’Inde reste le développement de sa base industrielle et technologique de défense (BITD) [3].

Le Rafale s’envole pour l’Inde, mais sans le MMRCA ?

Combattre l’État Islamique : la perspective de l’Inde

Article écrit en collaboration avec Pradhuman Singh

L’Inde a pris récemment conscience que la menace du terrorisme islamiste était aussi une réalité nationale, d’autant plus que la communauté musulmane en Inde est relativement importante, obligeant à réfléchir à l’impact de la propagande islamiste notamment via les réseaux sociaux.

Revue Défense Nationale – N°779 – Avril 2015

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